RAPPORT VALEUR
Une maison, écurie et pigeonnier. » »
Un jardin i carton \ ^
Trois terres, dont deux obitaires. 4 cart. \
Un pré obitaire 90 f
Grosses et menues dîmes (froment) 100 cart. 1
Dîmes norales (seigle) 40 cart. \
Blés d'Espagne 70 cart. ^ 74'"
Cens (avoine et orge) 7 cart. \
\"\w 5 barriques
TOTAI 885"
202 LES D?:BrTS DE LA REVOLUTIOX
Quant aux charges et services spirituels et temporels du curé de Saint Avit Sénieur, ils se résument en : vingt-sept messes de fondation d'obit, l'entretien de la maison presbylérale et des bâtiments qui en dépendent. Il a, en outre, à sa charge, le vicaire amovible.
Ajoutons que le curé Matasse touchait encore, mai-; ceci pour le compte de l'abbaye de Cadouin, un certain nombre de redevances qui s'élevaient à la somme de 134 livres.
Le revenu de la cure de Saint Avit Sénieur nous paraît relativement peu considérable. C'était aussi l'avis du curé maire, M. Matasse, qui, dans une lettre du 12 septembre 1790, signée par lui et par ses officiers municipaux, en demandait le relèvement : « Nous observons, disaient-ils, que notre bourg est un bourg muré (Saint Avit a encore, sur son côté nord, des restes d'une ancierme enceinte), que notre pasteur doit avoir le même traitement que les curés et vicaires des villes, et attestons que notre curé est sujet à faire beaucoup de dépenses, sa maison étant quasi la seule oii l'étranger puisse trouver e!: avoir une retraite honnête. » Mais, en ceci, le maire et ses officiers municipaux exagéraient. Le presbytère était assurément la plus belle habitation de Saint Avit ; il y en avait, toutefois, quelques autres, notamment la maison Delpit, su-sceptibles d'offrir elles aussi, aux voyageurs « une retraite honnête ».
go Besoins et réclamations. — Le 12 septembre 17Q0, le maire et les officiers municipaux, réunis en séance dans la «chambre de la commune'», formulent les trois réclamation > suivantes :
a) La première vise le sort des pauvres : « vu, disent-ils, le grand nombre de pauvres qui se trouvent dans notre paroisse, dont le sol est des plus ingrats, nous représentons avec vérité
I. Je n'ai trouvé daas aucun Jo (.uihciU rindication précise de l'endroit où était la « maison comnuine ». J"ai de bonnes raisons de croire qu'elle se trouvait au premier étage du liàtimenl, avec escalier en pierre, qui esl placé sur le côté sud de l'église, à l'est du cimetière. C'est là que j'ai vu, il v a tiueK|\ios années encore, l'école des garçons, le logement de rinstitufeur et la mairie.
MrxiciPAi iTi: m-: saint avit si'Xirru 203
que le bien général de notre communauté demande que les revenus attachés à notre maison de charité nous soient conservés avec ladite maison pour fournir aux l)()uillons des pauvres malades et des infirmes et que, en outre, il nous soit adjugé une portion de la somme destinée par la nation au traitement des pauvres, proportionnée au nombre de nos pauvres porté dans notre déclaration ». Et, en fait, Saint Avit était, de toutes les communes du canton, celle où les pauvres et les mendiants étaient le plus nombreux.
h) La deuxième réclamation vise les chemins : « nous exposons, écrivaient les officiers municipaux, que, le bourg de Saint Avit Sénieur étant un lieu de passage pour plusieurs villes du pays bas * et du pays haut, il est essentiel qu'il soit fait un chemin praticable depuis le bourg jusqu'au rui.sseau de la Couze, l'ancien chemin ayant été entièrement détruit par les torrents d'eau de 1788. »
c) La troisième réclamation se rapporte à l'église paroissiale : " notre église paroissiale, dit la délibération, qui est sans doute la plus ancienne du canton, recommandable par .sa beauté, par sa grandeur extraordinaire, par la hauteur de sa flèche et par son pur ton sacré, exige qu'il soit ordonné qu'elle sera incessamment réparée. » Les officiers municipaux ont grandement raison de vanter la beauté de leur église. Je les approuve moins de s'extasier devant cette « flèche » en forme d'aiguille, construite en bois et recouverte en ardoise que, quelque temps auparavant, un architecte inconnu, au mépris des règles les plus élémentaires de l'architecture religieuse, avait élevée sur la tour carrée du côté sud. On ne peut rien rêver de plus criard, de plus di.sgracieux, de plus ridicule que cette longue «aiguille» bleuâtre se dressant au-dessus d'un superbe monument du xi*-' siècle. On l'a fort heureu-sement abattue, il y a une quarantaine d'années, et
I. Pour Saint Avit, comme pour Beaumont, on désignait par Pays luiit la réginn de la Bessède jusqu'à Belvès et Sarlal. Le Piivs h.is, situé du côté du sud-ouest, était représenté par les communes des cantons d"Issigeac et Villeréal, y compris, parmi les communes du canton de Beaumont, celles de Xaussannes, de Sainte Sahiiie et de Bom de Champs.
204 I-F-S DEBITS DK LA REVOLUTION
remplacée par une toiture en tuiles du pays, toiture simple, modeste, mais beaucoup plus en harmonie avec l'ordonnance générale de l'église.
§ 3. - Municipalité de Bourniquel.
La commune de Bourniquel, située au nord du canton, avait exactement, à sa formation, les mêmes limites qu'aujourd'hui. Ellî s'étendait ju.squ'au voisinage de la Dordogne, confinant à la fois au canton de I.alinde et à la commune de Molières.
i» Population. — La population de la commune de Bourniquel est de 365 habitants de tout âge et de tout sexe. Elle comprend :
a) Citoyens actifs, payant au moins trois journées de travail à 12 sols l'une 44
b) Citoyens éligibles aux municipalités, districts et département, payant au moins dix journées de travail à 12 sols l'une 39
c) Citoyens éligibles à l'Assemblée nationale, propriétaires et payant une contribution de 53 livres 9 sols et 2 deniers 5
A noter que dans le chiffre de 39 éligibles se trouvent compris 14 métayers, mis au rang des citoyens éligibles à raison de leur exploitation : il y en a qui possèdent, en dehors de la commune, des propriétés suffisantes pour les rendre citoyens actifs.
Le rapport du maire, auquel j'emprunte ces chiffres, ajoute qu'il y a, en plus, dans la municipalité de Bourniquel trois veuves jouissant des propriétés suffisantes pour être citoyennes éligibles, mais qu'on n'a pas cru devoir <( les porter en nombre à cause de leur sexe». Comme aujourd'hui, les officiers municipaux de Bourniquel n'étaient pas favorables à l'éligibilité des femmes.
2" Mendiants et bâtards. La municipalité de Bourniquel com])te 15 mendiants, dont 4 pauNics infirmes et ii enfants au-
MrXiriPAITTF DF ROI RMOUEL 205
dessous de douze ans. Il \ a encore li personnes qui n'ont d'autres ressources que leurs bras et (.jui, à défaut de travail ou en cas de maladies, seraient réduites à réclamer les secours de la charité.
La conunune de Bourniquel a z bâtards. Ils ne sont pas, pour le moment, à la charge du public. Mais ils pourraient le devenir, leur mère étant très pauvre.
50 Situation des familles. — Bourniquel nourrit 65 familles. Sur ce nombre, 37 sont propriétaires, 28 non propriétaires.
4" I nipositioiis. — La paroi.sse, en 1788, sous l'ancien régime par conséquent, payait 1.869 livres 10 .sols 10 deniers. En 1789, le total des impositions était un peu inférieur, atteignant le chiffre de 1.868 livres 15 sols 9 deniers. Ils .se répartissent ainsi :
Taille 020" » » i ,
Collecte et droit de (luittancc. 17^ 10 » )
Impositions accessoires 375" » » f ^
Collecte 6 « 5 » \ '
Capitation ^42 "^ » n <
Collecte 5it 13 .< „ j -^-^^ '-^
\'in"tièiTies 456^ 12 " » )
4< pf livre 4.5"^ i.V* 9^M
Total i . 868 fr 15 •' g^
Les impositions des « ci-devant privilégiés » de la paroisse, payables pour les six derniers mois, firent l'objet d'un nouveau rôle, dont le montant s'élevait au.x chiffres suivants :
Impositions principales 88"^ 14 '^
Impositions accessoires 53 «^ 6 •'
Capitation 48"^ 4 «
Total 190^^ 4 <
qui, ajoutés au total précédent, nous donnent un total général de 2.058 livres 19 sols 9 deniers.
5" Administration municipale. — A la date du 7 novembre 1790, la municipalité de Bourniquel n'avait subi aucune
20() LES DÉBUTS Dli l.A KKVOLUTIOX
modification depuis son élection. Elle était donc composée comme suit :
Maire: S' Exupéry Rouffignac (Jean Balthazar).
Officiers municipaux : Gaillard (Jean Philippe), cure de la paroisse, DucROS (Élie).
Procureur de la commune : DucROS Labaillonne (Jean).
Notables: BtssE (Pierre), Fardet (Jean), Jaubert (Jean), Lagorse (Jean), Poujol (Jean), Ringuet (Pierre).
Secrétaire greffier : Ségala (Jean).
6» Garde nationale. — La commune de Bourniquel a une compagnie de garde nationale, comprenant quinze hommes, tous « laboureurs et volontaires ". On ne nous dit pas par qui elle était commandée.
y° Œuvres de bien/aisaiicc. — Bourniquel ne possède ni hôpital, ni bureau de bienfaisance, ni dépôt de mendicité. Elle n'a, du reste, aucune ressource affectée aux œuvres de bienfaisance.
80 Biens ecclésiastiques, bénéfices de la cure. — Nous sommes nettement fixés sur ce point par un rapport adressé, le 29 août
1790, ciux administrateurs du ^ A^^^^C^^^^^"^ district et portant les signa-
/^ ^ tures de MM. de Rouffignac, ^^^- 41- maire; Ducros, procureur de
Jc.n Baltluua,- Sa.nt Exupcry Ruuflignac, j.^ communC ) DuCrOS, officicr,
maire ue Bounuiiucl. '
municipal; Ciiiillard, officier municipal, et Ségala, secrétaire greffier, f^e rapport est écrit en entier de la main de M. Ducros Labaillonne.
M. le Curé de Bourniquel jouit des articles suivants : I'* Premièrement, de la maison presbytérale, avec le jardin, chenevière et pré, clôtures adjacentes, séparés pai un chemin de .service, le tout de la contenance d'environ 6 quartonnées, appartenant à la paroisse;
2" Plus cin(i sols de cens et rente sur le ténement de partie du bourg dudit Bourniquel;
MiNiciPAi rn; nr: iu)rKNi(n-i:L 207
3" Enfin, de deux morceaux de terre, dans un fonds très niédicHTre, de la contenance, chaque morceau, d'environ deux quartonnées, sur l'un desquels il y a un obit ^ en fondation de sept messes chacjue année.
-Mais ces revenus ne sont pas nets. Ils sont grevés de deux redevances, l'une, en faveur de l'abbé de Cadouin, l'autre au profit du chapitre de Sarlat.
L'abbé de Cadouin, tout d'abord, dont les prédécesseurs étaient anciennement gros décimateurs et patrons de la dite cure, jouit dans la dite paroisse un petit tènement de la contenance de 42 quartonnées 3 picotins 2 escats, sur lequel est dû de rente annuelle foncière et directe : froment, 5 cartons; avoine, i carton (mesure de Cadouin); poules, 3; argent,
17 sols (suivant la nouvelle reconnaissance). Il perçoit, de plus, une redevance en argent de 186 livres sur la cure, que le prédécesseur du curé actuel était obligé de lui payer annuellement par une ancienne transaction sans procès.
De son côté, le chapitre de Sarlat possède, lui aussi, un petit tènement sur la présente paroisse, de la contenance de 28^ quartonnées 7 picotins (mesure de Beaumont), sur lequel est dû de rente annuelle foncière et directe (suivant la reconnaissance de 1772) : froment, 8 cartons; poules, 2.
Quant aux revenus de M. le Curé de la paroisse, ils ont été déclarés par le curé lui-même au juge royal de Molières, en conformité d'un décret de l'Assemblée nationale du
18 septembre 1789, et cette déclaration a été transmise par la municipalité au comité ecclésiastique. Voici cette déclaration :
Tous les revenus du curé de Bourniquel « tant de la dîme
I. En langage liturgique, on désignait autrefois sous le nom d'obit les messes et les services que l'on demandait aux prêtres pour les morts. On disait fonder des ohils, c'est-à-dire laisser à la cure un capital ou un iinmeubje, à la charge par le curé de dire des messes ou chanter des services :'i telle ou telle intention cjui était nettement spécifiée par le donateur. Le registre des ohits n'était autre que le cahier oii les curés inscrivaient les messes ou les services tjui leur étaient demandés par les fidèles. D'autre part, on appelait maison des ohits, terres des ohits, pré des ohits, etc., les maisons et les terres qui étaient cédées à la cure en échange d'une fondation de messes.
que les objets détaillés ci-dessus », s'élèvent, année commune,
à la somme de douze cents livres, ci i .jooif
Sur laquelle somme il y a à prélever :
1° La redevance de M. l'Abbé de Cadouin ' . i8()"
2° Les décimes, montant à 3^'^ 1
30 Les charges du presbytère, celles de / 328^^
l'autel, du sanctuaire, de la sacristie, du pain \
et du vin, luminaire e obit 104" j
Reste net Syzff
qo Productions de la commune. — J'ai trouvé dans les archives municipales de Beaumont un document, versé aujovnd'hui aux archives du département, qui nous fait connaître les productions diverses de la commune de Bourniquel. Je les résume dans les deux tableaux suivants :
Etat général du produit aiDiucl, tant de froment que du inéteil, orge, avoine, paille, vin, sur quoi il a été distrait les semences, dîmes ci droits de colonagc.
PROIHICTKINS
Quantité...
FROMIiXT MtTHIL ORCil- AVOIXi: PAILLI
,600 quar-^ 50 quar- '} tons I tons
Estimation.
30 quar-
tons
60 quar- ;30o quintons taux