Déposition Cl. Passart, Roux. p
n<2 LA PEUR EN DAUPHINE
ni papiers : tout fut enlevé et incendié ' ». Fatigués par leur marche prolongée, les paysans s'en tinrent là pour la journée du 28 et passèrent la nuit dans le voisinage de Janneyrias. Ils devaient, le lendemain, soulever tous les villages voisins du cours du Rhône, et visiter, les uns après les autres, la plupart des châteaux de la partie du Viennois limitrophe de la Bresse et du Bugey.
Quant aux gens qui s'étaient détachés de la bande principale à la Verpillière pour aller piller le Layet, le valet d'un maquignon de Diémoz, « qu'on appelait capitaine », monté sur un cheval « couleur de froment et sans selle " », les mena ensuite sur Moidière, où ils arrivèrent vers sept heures. Beaucoup de paysans du village voisin de Menuefamille, malgré les exhortations du curé et de « plusieurs de ses principaux paroissiens », se joignirent à eux \ Le château, « bâti à la moderne, très beau et très vaste », fut d'abord saccagé : puis « le capitaine » mit le feu dans la chapelle, tandis que d'autres allumaient des incendies sur d'autres points. Quelques effets furent sauvés par les plus sages des habitants, mais le château fut entièrement détruit par les flammes \
De là, « deux troupes considérables :> » se rendirent à Meyrieu et y dévastèrent le château: les serrures, les barreaux
1. Dépositions Pierre Poisson, Augustin Bouquerod, Roux, p. 107-108; procès-verbal du pillage du château de Janneyrias, en date du 5 octobre 1789, Bibl. de Grenoble, mss., O. 987.
2. Le rôle prépondérant du « capitaine » est attesté par les dépositions du curé de Menuefamille, Joseph Honorât, du fermier Joseph Gandi, du laboureur André Perrin, Roux, p. 62-63. D'après le dernier de ces témoins, c'était un nommé Rozier.