I.E PLUS GRAND OBSTACLE 28 I
place. Le devoir de tout homme est de tenir en laisse son orgueil, ce monstre toujours inquiet.
L'orgueil est la source la plus féconde d'erreurs funestes. Saint Augustin pense qu'il y a des hommes que l'orgueil fait délirer : homiues superbe délirantes. Le fait est que les coryphées de la philosophie non chrétienne s'accusent réciproquement de folie et de pis encore.
11 ne peut y avoir de bonheur là où est l'orgueil. Heureux celui qui accepte avec joie tous les dons qui lui sont faits. Celui qui est plein d'orgueil est éternellement maussade : il n'est jamais satisfait des dons qu'il possède et il s'imagine que ce que les autres ont reçu est un tort qui lui est fait.
Les plus hautes places du ciel sont pour les plus humbles, et les plus profondes prisons de l'enfer sont pour les plus orgueilleux.
2. A l'orgueil est opposée la vertu d'humilité. L'humilité est la soumission à Dieu, ou plutôt le détachement de soi-même que cette vertu requiert ; elle est la vertu de la volonté par laquelle nous nous considérons tels que nous sommes réellement, de telle sorte que nous ne voulons ni être ni paraître plus que ne l'exige la vérité, et que nous nous soumettons librement à l'ordre voulu par Dieu.
Qui êtcs-vous donc pour croire que vous ne devez tenir aucun compte de la volonté de Dieu? Qu'êtes-vous, demande un profond psychologue (le Père A. M. Weiss), en comparaison des autres hommes? Montrez tout ce que vous vous imaginez posséder en grandeur et en puissance ; exagérez-le autant que vous pourrez : possédezvous des avantages corporels ? d'autres ne les possèdentils pas? La richesse et la considération? d'autres ne les
ont-ils pas .'* La science et la vertu? d'autres n'en sont-ils pas doués?
Qu'êtes-vous dans ce monde ? Jusqu'où s'étend votre réputation ? Même dans le petit cercle où vous vous mouvez, il en est d'autres qui, sous bien des rapports, vous dépassent, vous surpassent, vous éclipsent.
Qu'est votre intelligence ? que sont vos actes et vos fecultés en comparaison de toute l'humanité ! Vous mourez, et bientôt quelques-uns seulement savent l'endroit où vos ossements tombent en poussière. La fleur des champs, où est-elle? Le léger nuage, où est-il? Comme la vague du ruisseau a bientôt disparu ! Cherchez donc une gouttelette dans la mer, un grain de sable sur la vaste plage !
Et que sont toutes les grandeurs de la terre en comparaison du monde des esprits ? Comme notre planète et tous ses habitants disparaissent ! Que sont toutes les générations des hommes et toutes les phalanges des anges en comparaison de Dieu et de l'infini ?
3. Et vous, enfant de l'homme, cendre et poussière, vous pourriez vous prévaloir contre Dieu? D'où venezvous ? Où allez-vous ? Voici votre berceau ! Voilà votre tombe! Qu'êtes-vous en vertu et en sainteté? Vous ne croyez pas vous-même à ces avantages ; et le peu que vous en avez, combien est-il altéré par les imperfections et les défauts ! QLi'êtes-vous par votre volonté ? la moindre difficulté vous décourage. Qu'êtes-vous par votre intelligence ? Vous avez longtemps pâli sur les livres et que savez-vous? Retranchez de vos connaissances et de vos discours ce que vous avez entendu et pris des autres : que reste-t-il encore? Et qu'êtes-vous par votre existence terrestre? faiblesse, petitesse, fange, cloaque vivant recou-