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LA LUTTE CONTRE LES PASSIONS

I. Le christianisme a promis la paix aux hommes et il la leur a procurée : non pas la paix avec n'importe qui, mais la paix avec Dieu, cette paix qui est la force de faire le bien.

Une telle paix suppose essentiellement la lutte contre tout ce qui s'oppose à Dieu et au bien. La paix avec ce qui est opposé à Dieu, serait la lutte contre Dieu.

Voulez-vous vaincre dans la lutte? prenez toujours contre vous-même le parti de Dieu.

Dieu hait la paix de ceux qu'il a appelés à la guerre ; il est le Dieu des armées, non moins que le Dieu de la paix.

11 faut lutter continuellement lorsque l'attaque est continuelle. De plus, vous avez dans cette lutte l'occasion de réparer vos défaites antérieures.

Un psychologue a dit : Le cœur humain est une hôtellerie ; les vertus y passent ; les passions y séjournent : elles ne payent pas, et, qui plus est, elles réclament Ce raro;ent.

3, Les passions sont des chevaux écumants, attelés à un char. Si elles ne se sentent pas maîtrisées, elles vous jetteront dans la poussière du chemin, mais si vous tenez ferme les rênes, elles auront comme des ailes pour vous emporter. Et votre char roulera d'autant mieux, qu'elles seront plus ardentes et plus impétueuses.

Des passions emportées peuvent faire d'un homme un démon. Que devient l'homme lorsqu'il s'abandonne à l'orgueil, à la sensualité, à l'envie ! Un écrivain moderne (le Père A. -M. Weiss) fait ces réflexions à propos de la colère : « L"être le plus cher, que vous considérez comme la prunelle de votre œil, votre meilleur ami, vous pouvez le traiter en des termes d'une telle amertume, avec un mépris si dédaigneux, que, le feu de la passion calmé, vous ne savez plus comment réparer votre emportement.

« Vous pouvez éloigner de vous la faveur d'un bienfaiteur par des injures qu'aux heures où vous êtes calmé vous n'adresseriez pas à votre pire adversaire. La patience de l'offensé ne f^iit qu'accroître votre fureur ; des paroles de douceur versent l'huile sur le feu.

« Vous déchargez votre colère sur n'importe quoi, sur une chaise, sur le verre placé sur la table. Ce que vous avez collectionné pendant des années, vous le mettez en pièces en ricanant.

« Vous ne reculez devant- rien pour exprimer votre amertume. Vous vous ravalez à des pensées de déshonneur, de mensonge, d'astuce, de ruse, de malice, qui autrefois vous étaient étrangères. Vous dites et vous faites tout ce que vous pouvez pour faire du mal aux autres.

« Vous iriez jusqu'à maudire tout ce qui est bien, la justice, la Providence, jusqu'à blasphémer contre Dieu lui-même; jusqu'à prétendre qu'il vous est indifférent d'être éternellement damné ou non. »

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