‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 165 sur 344 · I.A VHRITARI.E HUMANITE 4I · texte numérisé non relu

I.A VHRITARI.E HUMANITE 4I

I.c Christ est mort pour témoigner son amour par un dévouement sans limites. « Personne ne peut avoir un plus grand amour que celui qui consiste à sacrifier sa vie pour ses amis. »(Jean, xv, 13.)

2. L'amour d'autrui a aussi ses racines dans la nature humaine. C'est un instinct naturel, commun à l'homme et à l'animal, et qui existe plus ou moins faible ou plus ou moins fort dans tous les individus. 11 appartient à l'ordre naturel, et a par conséquent une certaine analogie avec les actions vertueuses des hommes, sans être pour cela vertueux d'aucune façon.

En outre, cet amour est conforme à la raison, qui oblige l'homme à vouloir du bien à son prochain. Chacun reconnaît facilement qu'il est naturellement appelé à vivre en société, et que vivre en société est impossible sans une bienveillance mutuelle. C'est une impulsion de la raison, et, par suite, une obligation.

Confucius disait : « Posséder assez de pouvoir sur soi pour juger les autres d'après soi, et agir envers les autres comme nous voudrions qu'on agît envers nous, c'est ce qu'on peut appeler la doctrine de l'humanité. »

Cet amour naturel du prochain, amour commandé par la raison, est certainement excellent, mais il est faible.

De même que, dans le règne animal, l'instinct de l'assistance mutuelle et de la compassion se joint à l'instinct de la lutte et à Tinstinct cruel de la conservation, de même, dans le cœur humain, à côté du sentiment de l'amour du prochain on retrouve l'égoïsme le plus brutal.

Seul le christianisme a pu transformer en une puissance merveilleuse les nobles impulsions de l'amour du prochain. « Voyez comme ils s'aiment! >" s'écria le

paganisme étonné, lorsqu'il vit pour la première fois les œuvres que l'amour du prochain inspirait aux chrétiens.

L'amour du prochain dans le christianisme est si beau, que ceux qui ne sont pas chrétiens s'efforcent toujours d'imiter la charité chrétienne.

En dehors du christianisme on a souvent singé les œuvres de charité; mais on n'a jamais eu qu'une contrefaçon grotesque.

--,. Dans l'amour que nous portons aux hommes nous devons ressembler à Dieu. Le christianisme seul nous a, d'une façon saisissante, fait comprendre l'amour de Dieu. « Comme mon Père m'a aimé, ainsi je vous ai aimés. » (Jean, xv, 9.) Et comme le Christ nous a aimés, ainsi nous devons aimer notre prochain.

« Soyez les imitateurs de Dieu, comme étant ses enfants bien-aimés, et marchez dans l'amour et dans la charité, comme Jésus-Christ nous a aimés, et s'est livré lui-même pour nous, en s'offrant à Dieu comme une oblation et une victime d'agréable odeur. » (Ephes., v.

Sans l'amour de Dieu, l'amour du prochain a toujours été débile et inconstant. Celui-là seul aime les hommes constamment et fortement qui ne met pas en eux toute sa confiance, mais qui s'appuie sans cesse sur Dieu. Au fond de l'enthousiasme humanitaire de nos temps il n'y a, pour l'homme qui regarde au fond des choses, que le dédain et le dégoût de l'humanité.

Le principe du culte humanitaire de nos temps est un amour du « beau » qu'il est malaisé de définir. Cette « humanité » se traduit, en poésie et en prose, par des « sentiments » et des « sensations » dont se repaissent aussi les animaux les plus immondes.

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