TROIS FORCES MOTRICES I3I
l'humilité, ce degré de mépris de soi et du monde, nécessaire pour tendre à la vertu et à la perfection. Dans ce cas on envisage tout au point de vue de l'éternité. Le chrétien est résolu à écarter tout ce qui déplairait aux yeux de Dieu, et à employer les moyens qui le conduisent le mieux à sa fin.
En troisième lieu, nous avons l'amour pour Jésus-Christ. Cet amour ne considère que l'amour dont Dieu nous a aimés; il voudrait se conformer le plus possible au Sauveur qui nous a tant aimés. Quand bien même nous pourrions servir Dieu, Notre-Seigneur, aussi fiicilement dans les richesses et les possessions, dans les honneurs et les plaisirs que dans le renoncement et la mortification, cet amour choisirait le renoncement, uniquement parce que le Christ a renoncé à tout par amour. Tel est le troisième degré de l'humilité, le suprême degré du mépris de soi et du monde : on méprise toutes choses pour gagner le Christ. (Philipp., m, 8.)
2. Le don de nous-mêmes au Christ doit être entier. Alors nous nous attacherons à lui sans réserve et sans retour.
Ces trois motifs doivent nous amener à la véritable humilité, à la soumission complète à Dieu, au mépris de nous-mêmes, à l'amour de Dieu par-dessus toutes choses.
Les exigences de la volonté divine sont légères à l'homme humble, elles sont écrasantes pour l'orgueilleux.
D'après cela on distingue donc trois degrés d'humilité.
Au premier degré, on est dans la disposition de sacrifier et soi-même et toutes choses, lorsqu'il s'agit de fuir le péché.
Au deuxième degré, on est résolu à ne se juger et à ne se traiter que d'après sa propre valeur, à en agir de même
à l'égard de toute chose, et à ne chercher que le plus grand honneur de Dieu.
Au troisième degré, on sort entièrement de soi et on veut aimer et estimer ce que le Christ a aimé et estimé, pour cette seule raison que le Christ l'a aimé et estimé.
Ces trois degrés ne s'exfluent pas réciproquement, ils peuvent et doivent exister simultanément dans l'âme.