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LE CHRETIEN SERT UNE CAUSE VICTORIEUSE

nonchalance ; de mortifier son esprit de chicane, son inconstance, son désir de plaire, son respect humain; de se contraindre dans sa toilette et dans son maintien.

A ces combats intérieurs se joignent les luttes extérieures. « Nous n'avons eu aucune relâche selon la chair, mais nous avons toujours eu à souffrir : combats au dehors, frayeurs au dedans. » (2 Cor., vu, 5.) Sans cesse nous avons à repousser les attaques du monde et des puissances des ténèbres.

2. Telle est la lutte. Lorsqu'il faut tant d'efforts, et des efforts si constants, quand la situation est si grave, notre cœur pourrait-il rester joyeux et serein? Oui.

Que fait le soldat au milieu des fatigues et des difficultés de la campagne? Il se souvient qu'il sert une cause victorieuse. « Vous aurez de grandes afflictions dans le monde ; mais ayez confiance : j'ai vaincu le monde. » (Joan., XVI, 33.)

Déjà auparavant, le passage du Christ en ce monde avait été une victoire. Tous sentaient qu'il y avait dans cette apparition quelque chose d'extraordinaire et de grand (Luc, XIII, 17.) Le peuple le suivait en foule (Matth., xix, 2); il se pressait sur ses pas, de telle sorte que les maisons, les places publiques et même les rivages du lac devenaient trop étroits (Luc, v, i ; viii, 45 ; xii, i). On oubliait, pour l'écouter, de rentrer chez soi et de prendre de la nourriture (Matth., xv, 32). Ses ennemis eux-mêmes étaient contraints d'avouer que nul homme n'avait jamais parlé de la sorte (joan., vu, 46). Et c'est précisément ce triomphe qui enflammait ses ennemis de la colère la plus furieuse.

Mais finalement le Sauveur succomba, du moins en apparence, en ce qui concerne le judaïsme; en général,

ses sacrifices et ses fatigues étaient, à en juger par l'extérieur, inutiles pour le moment. Le Christ était mort et enseveli, et ses ennemis triomphaient du christianisme, qu'ils croyaient au tombeau.

En réalité cependant, le Christ a vaincu par sa mort; il est sorti victorieux du tombeau.

Par sa grâce, par les vertus de sa vie, et finalement par sa Passion et par sa mort, il a vaincu la puissance du péché et des passions; il l'a vaincue pour tous ceux qui veulent servir sous l'étendard de la croix.

Gloire, puissance et joie sans mesure, tel est désormais le partage de sa vie glorieuse.

Et sa victoire s'affirme dès ici-bas. Est-il, sur cette terre, rien d'aussi grand, d'aussi saint, que le royaume du Christ?

3. Sans doute, la Providence divine permet que la vie du christianisme soit éprouvée par les faiblesses humaines. Partout c'est l'agitation, les luttes, les vagues, les tempêtes, et assez souvent le Seigneur semble dormir sur la barque fragile. Mais il veille, il remporte la victoire, il fait éclater partout sa puissance divine.

Dieu seul peut, à travers de tels assauts et de telles hostilités, conduire au but la barque de l'Église. Et il le fait avec une puissance victorieuse.

A la place d'une croix ignominieuse s'élèvent des autels sans nombre où le Christ est adoré. Au lieu d'une nation qui l'a repoussé, les peuples accourent vers lui des confins de la terre. Au lieu de quelques âmes fidèles, ce sont, dans le courant des siècles, des millions d'âmes de toutes les conditions, pour lesquelles le monde entier, en comparaison du Christ, n'est rien, et qui, pour gagner le Christ, tiennent tous les biens du monde pour de l'ordure (Philip., m, 8).

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