‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 112 sur 161 · I. Cours, IV · texte numérisé non relu

I. Cours, IV

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giques. C'est de ce point de vue que Comte définit les rapports de l'homme et de la femme dans la famille. I se fonde sur la biologie, (c'est-à-dire sur la physiologie et la psychologie à la fois), pour représenter le sexe féminin comme vivant « dans une sorte d'état d'enfance continu. )) D'où il conclut à la subordination naturelle de la femme. Cette infériorité ne s'étend pas d'ailleurs à l'ensemble de la nature morale, car « les femmes sont, en général, aussi supérieures aux hommes par le développement naturel de la sympathie et de la sociabilité, qu'elles leur sont inférieures quant à l'intelligence et à la raison1. » Sur ce dernier point, comme on sait, J. S. Mill était d'un avis contraire, et ce dissentiment ne contribua pas peu à l'éloigner de la philosophie positive. Plus tard, dans sa « seconde carrière », Comte, qui subordonnait de plus en plus l'esprit au cœur, exalta encore davantage l'excellence morale de la femme, et finit par la considérer comme « intermédiaire entre l'humanité et l'homme. » Mais, même alors et tout en proclamant la supériorité sentimentale, morale, esthétique de la femme, il persista à soutenir qu'au point de vue intellectuel, en vertu de conditions biologiques immuables, elle demeure au-dessous de l'homme.

Par des motifs analogues, Comte regarde le mariage comme une (( universelle disposition naturelle, première base nécessaire de toute société. » Tout ce qui tend à affaiblir le mariage tend à désorganiser la famille, et, par suite, à détruire la société dans ses éléments constitutifs. Comte condamnera donc le

1. Cours, IV, 459; Correspondance de Comte et de J. S. Mill, p. 319-288.

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divorce, bien qu'il eût lui-même les meilleures raisons d'en apprécier les avantages. Dans son ensemble, la théorie de la famille chez Comte se modèle sur la famille chrétienne. Selon sa pratique constante, il cherche à détacher les institutions du catholicisme, qu'il admire, de ses dogmes, qu'il croit presque morts. Ces institutions, excellentes en soi, ne souffrent que d'être liées à des croyances qui s'en vont. Tant que la famille, dit-il, continuera à n'avoir d'autres hases intellectuelles que les doctrines religieuses, elle participera nécessairement à leur discrédit croissant. La philosophie positive « peut seule désormais asseoir sur des bases inébranlables l'esprit de famille, avec les modifications convenables au caractère moderne de l'organisme social1. » Ces bases intellectuelles nouvelles sont établies par la psychologie positive et par la statique sociale. La constitution de la famille demeure la même. Mais elle a désormais pour fondement le dogme positif au lieu du dogme catholique, et la foi démontrée au lieu de la foi révélée.

Peut-être, dans la défense énergique que Comte a faite de la famille et du mariage tels qu'il les trouvait établis, faut-il reconnaître, à côté de l'influence du catholicisme, le désir de n'être pas confondu avec les saint-simoniens, les fouriéristes et les autres réformateurs de son temps. Ceux-ci ne craignaient pas de contredire les mœurs courantes et traditionnelles. Aux yeux de Comte, cette contradiction est marque d'erreur. La vérité scientifique se trouve dans le prolongement de la raison publique et du sens commun. Comte voit

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