La Philosophie de Leibniz, VIP leçon, p
losophiques, et la doctrine du Christ avec toute sa réalité religieuse entre naturellement et de plein droit dans l'enchamement de notre pensée *. »
Ces brillantes leçons sur la doctrine de Leibniz nous présentent, en leurs traits les plus généraux et les plus caractéristiques, la métaphysique et la théodicée de Secrétan. On voit comment il y fait entrer, à titre de vérités rationnelles déduites des rapports de la liberté divine et de la liberté humaine, comment il convertit en principes philosophiques deux dogmes spécifiquement chrétiens : la pluralité des personnes en Dieu et la rédemption du monde par Tune de ces personnes. Il est vrai que ces deux dogmes, tels qu'il les rationalise, ne sont plus ceux de la théologie orthodoxe. La pluralité des personnes en Dieu succède ici à l'unité absolue; elle n'est pas éternelle. De plus, la distinction de la substance et de la personne est impossible, parce que l'une et l'autre consistent dans la volonté. Quant à cette rédemption restauratrice qui commence avec le monde visible, elle est évidemment fort différente de la satisfaction vicaire. (( L'hérétique, a dit Bossuet, est l'homme qui a une opinion. » Secrétan tirait de sa raison et de sa conscience des opinions personnelles, disons singulières (au sens propre du mot), sur Dieu et sur le Christ. Chez lui, la spéculation s'accordait avec la foi religieuse, mais en l'approfondissant au point de la transformer. Sa philosophie chrétienne était très originale, c'est-à-dire très hérétique.