‹ La philosophie de Goethe [microform]Chapitre 139 sur 140 · A PI* EMU CI · texte numérisé non relu

A PI* EMU CI

de \i>re avec toi, et, si tu ne peux te comprendre toimême, ne tourmente j»as les autres.

Les gens. Mais l'égoïsme et l'argent dominent!

Épictète. Laisse-leur le hutin. Tune dois pas envier au monde ses jetons. •

Les gens. Eh hien, avant (jue nous soyons séparés pour jamais, dis-moi ce qui a droit de nous plaire.

Les sages. Pour moi, la première loi du monde est de fuir les questioiuieurs.

iPorale. Ii.nl. PorrliaU

FKAGME.MS d'un POÈME SLli l.A NATl I.K

La nature, elle nous entoure, elle nous enferme: impuissants à en sortir, nous sommes impuissants à pénétrer plus profondément dans son sein; sans nous le demander, sans nous avertir, elle nous entraîne dans son tourhillon et s'élance avec nous, jusqu'à ce que, épuisés par la fatigue, nous nous échappions de ses hras maternels.

Elle crée éternellement des formes nouvelles. Ce qui est n'a jamais été, ce qui était ne renaîtra plus, tout est nouveau et cependant toujours ancien.

Nous vivons au sein de la nature, et nous lui sommes étrangers; elle nous parle sans cesse, et cependant elle garde fidèlement ses secrets ; nous agissons perpétuellement sur elle, et nous n'avons sur elle aucun pouvoir.

On dirait qu'elle ne s'est assigné d'autre but que l'individuel, et cependant les individus ne sont rien

,-()! l'IlILOSOPIIlK l>r (iOFTHE

pour ollo; ollo bâtit sans ccsso, elle détruit toujours, <4 h; lieu où elle élabore ses merveilles est inaccessible.

Elle vit flans ses enfants, mais la mère où est-elle? Elle est l'unique artiste, créant à la fois les êtres les plus simples et le* plus complexes. Son œuvre s'accomplit sans efforts avec la plus stricte précision.

Il y a en elle mouvement, puissance formatrice, vie éternelle, et cependant elle ne pro*(resse pas; elle se modifie sans cesse, et partout éclate son instabilité: elle a jeté sa malédiction sur le repos. Elle a s(s limites, ses pas sont mesurés, ses exceptions rares, ses lois inuuuables; elle a pensé et elle médite sans cesse, non connue les mortels, maiscouune la nature...

Elle tire les créatures du néant, et elle est muette sur leur principe et sur la fin de leur destinée; elle s'avance ainsi par des sentiers dont elle seule connaît l'issue.

Les movens qu'elle euqdoie sont sinq)les, mais toujours efficaces, toujoms puissants et variés.

Son tbéàtre est toujours nouveau, ])arc<» (prelle renouvelle souvent les spectateurs; la vie est sa plus belle conception, et la mort, l'artifice qu'elle emj)loie pour nndtiplier la vie.

Elle entoure l'Iiomme d'épaisses ténèbres et le pousse sans cesse vers la lumière; elle a courbé son front vers le sol, elle l'a fait noncbalantet paresseux, et elle ne cesse de le stimuler. Elle nous donne des besoins parce qu'elle aime l'activité. (7est merveille de considérer combien ])eu elle met en œuvre pour exciter tant d'efforts ! Cbaque besoin satisfait est un bien : la jouissance passagère éveille un nouveau désir; plus elle nous satisfait, plus elle augmente nos désirs...

Sa coui'oime est l'amour; jiar l'amour on peut approcber d'elle; elle met des distances entre tous les êtres, et elle doit les absorber tous; elle a isolé les êtres pour les lapproclier; par quelques gouttes puisées à la coupe de l'amour elle récompense une existence pleine de soucis.

Elle se récompense et se punit, se réjouit ou s'attriste; elle est à la fois indulgente et sévère, aimable et leirible, faible et puissante, tout s'exécute dans son sein; elle ne connaît ni passé ni avenir; pour elle, le présent est réternité. Elle est bonne, digne de louanges dans ses œuvres, calme et pleine de sagesse.

Elle est tout à la fois l'unité suprême et la variété infinie; ce (pi'elle fait, elle le fera toiijours.

Elle s'olîre à cba(;un sous des aspects différents; elle se caclie sous des milliers de noms et de termes, et cependant elle demeure la même.

{OEuires sct'end/irjues (le Goef/if, (i;i«l. K. Iiiiviv.)

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