La philosophie de Jean-Baptiste Vico
Les raisons qui m'ont semblé rendre nécessaire un nouvel exposé de la philosophie de Vico pourront être facilement tirées des indications concernant le sort de cet écrivain et des notices bibliographiques, qui se trouvent dans le second et le quatrième appendices du présent volume.
Ici, il importe seulement d'avertir le lecteur que mon exposé ne veut point être un résumé, livre par livre et partie par partie, des écrits de Vico ; il présuppose même la connaissance de ces écrits et, si elle fait défaut, il veut inciter le lecteur à se la procurer, pour mieux suivre et pour contrôler les interprétations et les jugements que je lui présente.
Aussi, tout en me servant assez souvent (spécialement dans les chapitres relatifs à l'historiographie) des paroles textuelles de l'auteur, je n'ai pas cru opportun de les mettre entre guillemets (sauf lorsqu'il importait de noter l'expression originale précise), parce que, les ayant d'ordinaire tirées de fragments épais dans les passages les plus variés de
Mil AVERTISSEMENT
Vico, tantôt en les abrégeant, tantôt en les développant, et toujours en les entremêlant librement de mots et de phrases de commentaire, le continuel guillemeltage aurait abouti à mettre en évidence, avec plus de gêne que d'utilité, l'envers de ma broderie, envers que n'importe qui pourra étudier par lui-même, dès qu'il le voudra, à l'aide des renvois mis à la fin du livre.
•Désireux d'attester, autant qu'il m'était possible, dans chaque détail de mon travail, le respect qu'on doit au grand nom de Vico, je me suis efforcé d'être bref, — de cette brièveté qu'il estimait comme la marque des livres scientifiques bien pensés. C'est dans ce but que j'ai également sacrifié les discussions avec les divers exégètes de Vico, me contentant de simples indications, et, le plus souvent, laissai! tla justification ressortir d'elle-même de la cohésion de l'ensemble. Au surplus,une partie des interprétations que j'ai soutenues me semblent les résultats établis par les recherches et les controverses qui constituent Je meilleur de la littérature concernant Vico ; toute l'autre partie, qui m'est personnelle, et l'idée générale de mon livre, j'en assumerai la défense en temps voulu, si l'occasion s'en présente, contre les critiques et les objections, d'une façon directe et détaillée que je n'ai point estimé devoir adopter au cours de cet exposé. Car j'espère que ce livre aura pour effet non pas d'éteindre, mais de rallumer les discussions au sujet de la philosophie de Vico, — cet Altvater, comme l'appelle Gœlhe, que c'est une