‹ La philosophie de l'histoire comme science de l'évolutionChapitre 40 sur 167 · M ; g >} UN : A · texte numérisé non relu

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D'aucuns trouveront le terme de philosophie de l'histoire peu commode. Le mot philosophie parait trop vague pour être appliqué à une théorie scientifique de l'évolution. Rien n’est plus légitime que cetle susceptibilité. En effet, on a trop abusé du terme philosophie. Trop souvent la philosophie se confondait avec la métaphysique, surtout en Allemâgne. Trop souvent aussi on crovait faire de la philosophie en produisant d’admirables morceaux d'éloquence oratoire, notamment dans les pays latins. Vers le milieu de notre siècle la méfiance contre la philosophie, grâce à ces circonstances et à d'autres, est devenue presque générale. Actuellement cette méfiance commence à disparaître. La philosophie tend de plus en plus à devenir scientifique. Elle profite des résultats acquis dans les sciences exactes. Elle veut être exacte elle-même. Elle pousse ses pré-

tentions jusqu'à vouloir être comprise par tout le

monde, au grand scandale des amateurs de doctrines ésotériques. Elle préfère la clarté honnête à une profondeur suspecte et vaine, faite le plus souvent de difficultés de langue, de défauts de style. Dans ces conditions le terme philosophique ne nous effraie plus et rend impossible tout malentendu. Tout le monde comprend que la philosophie de l’histoire ne cherche pas de nos jours ce qu'on peut appeler « la substance » historique, les « causes premières » du mouŸement historique, le « but final » de l’huma-

nité. Il s'agit tout simplement de déterminer le

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comment historique, de découvrir les conditions générales de l’évolution humaine et ses lois, sl en existe (4). |

Le fondateur de la sociologie, Auguste Comte, dont la Dynamique sociale n’est autre chose qu'une philosophié de l’histoire; emploie assez souvent ce terme, notamment dans ses très importants Opuscules de philosophie sociale, qui ont paru avant son Cours

dans la période de 1819 à 1828. En parlant des ten-

tatives faites par Herder et Kant pour créer une philosophie de l’histoire, il s'exprime en ces termes : « La théorie fondamentale de l’évolution humaine est assez établie maintenant pour présider à la construction de la philosophe de l'histoire. »

La philosophie de l’histoire peut donc garder son

nom traditionnel tout en restant à la hauteur de Îa

science moderne. Comme cette dernière, elle doit et

peut être exacte, claire, compréhensible et véri-

fiable.

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(1) « Faire de l'Histoire une Science ne saurait être expkquer tous les phénomènes; c'est découvrir ce qu'il y a d'éternellement vivant dans ce qui semble être, tout d’abord, un fouillis inextricable de hasards. » G. Sorel. Questions de morale. Paris, 1900, p. #9. L'étude dont je détache la phrase citée est intitulée : Les facteurs moraux de l'évolution. |

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