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du facteur social ou historique dont le rôle est d'une importance considérable pour l'évolution. La nature, l'homme, l’histoire, voilà les grandes sources où une philosophie de l'histoire employant la méthode scientifique et se basant sur des faits vérifiables, peut puiser des éléments d'explication pour le gran d problème de l'évolution. Hors de la nature, de l'homme et des formes historiques de la vie collective, il ne reste que les facteurs surnaturels, le dieu des providentialistes, l'idée souveraine de Hegel ou « Sa Majesté le Hasard » de Frédéric II. Le terrain des recherches philosophiques concernant l'histoire se trouve ainsi suffisamment délimité. Pour comprendre notre destinée historique, nous n'avons donc besoin
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ni d'une Providence, ni d'êtres non moins mysté- | rieux et aussi inconnus qui s'appellent Idées, ni d'une violation inexplicable des lois qui régissent la ; “arche naturelle des choses. L'étüde attentive et vonstahte de la nature, de l’hotnme ét de son passé suffit. 4
Aussi voyons-nous se former, dans les téñtatives À nombreuses des théoriciens de l’évolution, trois À
grands courants correspondant exactement aux trois catégories de faits désignés plus haut. La conception physico-climatologique, que nous appellerons tout simplement la conception géograprique de l'histoire, a pour point de départ la nature dite extérieure, à l'aide dé laquelle elle cherche à expliquer le devenit historique. La conception physiolo-psychologique, pour expliquer le phénomène historique, interfoge l'homrmé, ses besoins, ses passions, 8es idées, ses intérêts ou ges opinions. Enfin, la conception histo-
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rico-sociale. la dernière venue, cherche dans le milieu social et historique, dans les formes déterminées de la vie collective (famille, état, propriété, mode de production, législation) le mot de l'énigme. Toutes les théories de l’histoire connues, depuis celle de Vico jusqu à celle de Karl Marx, se réduisent, en dernier lieu, à ées trois conceptions fondamentales que nous allons analyser aussi brièvement que possible,
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La conception géographique de l’histoire est la plus ancienne. Nous ëf trouvons déjà une ébauche chez Platon et Aristote, surtout chez ce dernier. Voici à ce sujet, dans la Politique (1. IV, ch. vu), quelquesunes des idées, vraiment remarquables pour lé temps où elles furent émises, que développe Aristote.
« Les peuples qui habitent les climats froids, les peuples d'Europe sont en général pléins de courage ;
‘mais ils sont certainement inférieurs en intelligence
et en industrie ; et s'ils conservent leur liberté, ils sont politiquement indisciplinables, et n’ont jarnais pu conquérir léurs voisins. En Asie au contraire, les peuples ont plus d'intelligence, d'aptitude pour les arts ; mais ils manquent de cœur, et-ils restent soùs le joug d’un esclavage perpétuel. La race grecque, qui topogräphiquement (bonep peoeber xatà tolé Tomobs) est intermédiaire, réunit toutes les qualités de deux autres. Elle possède à la fois l'intelligence et le courage. Elle sait en même temps garder son indépendance et former de bons gouverhements, cäpable, si
F — ee ES D nd 99 LA PHILOSOPHIE DE L HISTOIRE
elle était reunie en un seul Ejat, de conquérir l’univers. » :
Hippocrate consacre tout un traité aux influences climalériques qui auraient déterminé Îa différence existant entre les peuples de l'Asie et ceux de l'Europe. Il est intitulé : De l'air, de l’eau, des lieux. On croirait parcourir l'Histoire de la Civilisation de Thomas Buckle, en lisant chez le .« père de Ja médecine » le passage suivant : « Une perpétuelle
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: i . uniformité entretient l'indolence ; un climat variable ri E : doune de l'exercice au corps et à l'âme; or, SI le ls i repos et l'indolence nourrissent la lâcheté, l'exercice LL - et le travail nourrissent le courage » (4). Nous nous : abstenons de multiplier les citations d'Hippocrate, LR pourtant très curieuses, au point de vue de l’ancien- À neté de la conception physico-géographique.
; Bodin écrit : « Il y a presque autant de variétés au
naturel des hommes quil y a de pays ».
: Montesquieu exprime la même idée avec plus de | précision. « Vous trouverez, dit-il, dans les pays du
Nord des peuples qui ont peu de vices, assez de ver-
tus, beaucoup de sincérité et de franchise. Approchez les pays du Midi, vous croirez vous éloigner de la morale même : des passions plus vives multiplieront les Een crimes : chacun cherchera à prendre sur les autres 1 ‘ tous les avantages qui peuvent favoriser ces mêmes
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; passions. Dans les pays tempérés vous verrez les
peuples inconstants dans leurs manières, dans leurs vices mêmes et dans leurs vertus ; le climat n'y a pas une qualité assez déterminée pourles fixer eux-mêmes.»
(1) Hippocrate. Œuvres, trad. de Littré,
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Voltaire n’est pas moins décisif. Il écrit : « Le physique de l'Inde différant en tant de choses du nôtre, il fallait bien que le moral différat aussi. »
Herder, un des initiateurs de la conception géographique, croit que la philosophie de l'histoire ne méritera son nom que lorsqu'elle aura pour point de départ l'étude du système planétaire. Car, dit-il, 1a
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tous les phénomènes naturels qui, à 1EUI tour, dépen- - s « « x Ee ? Re 3 pe nn, s . . 2 A LS v dent tous du système planétaire. D ailleurs, tous les
partisans de cette conccption partent de cette idée on ne peut plus juste mais incomplète, que l'homme forme une partie de la nature el en est le couronne-
A notre époque, c est Fhomas Buckle qui a cherché à donner à la conception géographique une base scienfique solide. À l'influence au sol et du climat, il ja nature. Ïl cher-
une notre imagination, créatrice des idées religieuses. 1 nt la nourriture comme facteur de la civilisation.
Dans les deux premiers chapitres de son livre, il réunit, d’une facon magistrale, un ensemble de preuves pour établir les deux faits suivants : « Le premier fait est que, dans les civilisations en dehors de l'Europe, les forces de la nature ont été bien plus grandes que dans les civilisations de l'Europe. Le second fait est que ces forces ont produit un mal
immense : et que tandis qu'une partie de ces forces ont
causé une distribution inégale de la richesse, une autre partie a causé une distribution inégale de la pensée, en
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