‹ La philosophie de l'histoire comme science de l'évolutionChapitre 67 sur 167 · TI · texte numérisé non relu

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La conception géographique, dans le cours de son développement, provoque toute une révolution dans la philosophie de l’histoire et la transforme radicalement. Elle y introduit les notions de loi et de régularité. Elle lui donne le caractère positif d’une science de la nature. En effet, en constatant la dépendance où se trouve l'homme et la société vis-à-vis de la nature, du sol et du climat, la conception géographique introduit dans le domaine de l’histoire les mêmes lois exactes qui régissent les phénomènes naturels accessibles à l'observation et à l'expérience. Les lois de la nature deviennent celles de l'histoire. Déjà, par la connaissance des sciences naturelles que cette conception présuppose et exige nécessairement chez ses partisans, elle établit un lien intime entre deux domaines, celui des sciences posilives et celui de l'histoire. I en découle un échange de résultats scientifiques acquis entre ces deux domaines, d’un grand profit pour l'un comme pour l’autre. Aussi, les plus remarquables représentants de la conception géographique, Montesquieu, Herder et Buckle, apparaissent également comme les défenseurs les plus résolus de la régularité du phénomène historique. « [] y a des causes générales, écrit Montesquieu, soit morales, “ soit physiques, qui agissent dans chaque monarchie, | l'élèvent, la maintiennent ou la précipitent ; tous les accidents sont soumis à ces causes; et si le hasard d'une bataille, c’est-à-dire une cause particulière, à ruiné un Etat, 4{ y avait une cause générale qui faisait

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