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que cel État devait périr par une seule bataille. En un mot, l'allure Asa entraîne avec elle tous les accidents particuliers. » Le hasard lui-même se trouve ainsi rivé à la chaîne solide de la loi naturelle.
Nous avons déjà cité Herder déclarant que la nature est un tout dont l'homme et sa destinée historique ne forment qu'une partie.
Buckle constate avoir entrepris son œux
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démontrer la régularité de l’histoire, en une sciencéexacte et positive. Le passage où il exprime
cette idée a une certaine importance et m reproduit en entier.
« J'espère accomplir pour l'histoire de l'homme quelque chose d'équivalent, ou au moins d'analogue, à
mérite d être
e qui à élé ac compli par d'autres investigaleurs les différentes branches de la science nal trelle. En ce ui regarde la nature, on a expliqué e événements
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les, plus HRSpUNIerss les plus capricieux en apparence, et l’on a démontré &u'ils étaient d'accord avec nn lois fixes et universelles. Ceci à été fait parce que des hommes habiles, et, avant tout, des penseurs patients et infatigables ont étudié les événements naturels dans le but de découvrir leur irrégularité : et si les événements humains étaient .oumis à un traitement semblable, nous aurions le droit de nous attendre -aux mêmes récult lats. Il est évident, en effet, que ceux qui affirment que les faits historiques ne sont pas susceptibles de généralisation, considèrent comme jugée d'avance la question quise
trouve précisément en litige. Ils admettent non seu-
lement ce qu'ils ne peuvent prouver, mais même ce qui est grandement improbable dans l'état actuel de
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Ja science. Quiconque est un peu au courant de ce q P
qui.sest passé dans les deux derniers siècles doit
savoir que chaque génération démontre /e retour réguler de certains événements faciles à prédire et que la génération précédente avait déclarés irréguliers et en dehors de toute prédiction : de sorte que Îa tendance évidente de la civilisation en progrès est de forlifier notre crovance à l’universalité de l’ordre, de la méthode et de la loi. Ceci une fois admis, il s’ensuit que si quelques faits, ou quelque classe de faits, n'ont pas encore été ramenés à l'ordre, nous devrions, bien loin de les déclarer irréductibles, être guidés par notre expérience du passé, et admettre la probabilité que ce que nous appelons inexplicable aujourd'hui sera expliqué dans l'avenir. Cette espérance de
découvris la régularité au milieu de la confusion est
Si familière aux hommes Scientifiques, qu’elle est devenue un article de foi pour les savants les plus éminents : et si cette espérance ne se trouve pas généralement parmi les historiens, il faut l’attribuer en partie à ce qu’ils sont inférieurs en talent aux invesügateurs de Ja nature, et en partie à la complexité plus grande de ces phénomènes sociaux dont s'occupent leurs études. » :
La conception géographique a, comme autre conséquence non moins grave que l'introduction de la
notiôn de la régularité dans le-domaine historique,
celle de l'influence du facteur intellectuel, la reconnaissance de la force supérieure de l'intelligence
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98 LA PHILOSOPHIE DE L HISTOIRE humaine étudiant la nature et la soumettant à ses
1 lois. La science de la nature et de ses lois est reconnue
É par les partisans de la conception géographique 4 comme le moyen le plus os: du mouvement A * 1 historique. Grâce à son cerveau supérieurement orga- D 1 nisè, l'homme, d'esclave de la nature, devient son LE > maître. Le progrès des sciences naturelles et de [JE leurs méthodes devient l'agent principal de l’évolu- [UE à tion. Cette idée se déduit tout naturellement du rôle LE 1 | prépondérant que la conception géographique attri- FL bue aux forces de la nature.
: & En s'emparant de ces forces toules-puissantes, en A Le apprenant à les diriger à son gré, l'homme devient, À lui aussi, une grande force historique. Buckle, qui, 4 à notre époque, a le plus contribué à faire recon- 1 naître l'importance du facteur géograp hique, était en LA 1 même temps un partisan enthousiaste de l'influence LR du facteur intellectuel. Il suffit de lire le passage [+ suivant de son /istoire. de la Civilisalion pour sen 1.4 convaincre :
| ï « Les actions des méchants ne produisent qu'un 1: L mal passager, les actions des bons qu un bien passager; | à ke bientôt le bon ét le mauvais se retirent entièrement, E Le neutralisés par les générations suivantes, absorbés | | par le mouvement incessant des siècles fuurs. Mais É ; les découvertes des grands hommes ne nous quittent |: ; jamais : immortelles, elles contiennent ces vérités
[A :: éternelles qui survivent au choc des empires, voient SE passer Les luttes de croyances rivales, et assistent à la ruine des religions successives. Toutes ces choses
passagères ont différents poids ‘et mesures : à un siècle, tel formulaire d'opinions; à un autre, tel re D CR
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autre, elles disparaissent comme un songe, semblable la fantasmagorie d'une visi
à oh qui ne Jaisse rien derrière soi. Seules les découvertes du génie restent
ère 1 cest à elles que nous devons tout ce qüe nous possédons ; elles sont destinées à tous les siècles, à tous les
temps; Jamais jeunes, jamais vieilles, elles portent en 11 ra] ! 3 a lnc CA r 0 3 ?
les ja Eure de la vie; elles se précipitent, courant É rh ot as D cankht}: À re | < É À ° 1 re
perpétuel et impérissable; elles sont essentiellement
aceu FREE el, donnant le jour aux nouveautés qui vieñnent ensuite se refondre ie leur Re Fe ‘ 1
iniluenñt ainsi jusque sur : à | a LE. = a 3 s £ 1 que les siècles s'entassent, — et elles px di üisent alors l:: 3 ? ST a v NT “2 pius d effets qu elles n’ont pu le faire même au moment 5 ice L de à
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F7 Fe , CA Rs $ ’ o MAI] Ga : == ni sy . ae Hi se peut que B noble se ” éprenne en considéfar
? à 7 ? e la religion comme un produit exclusif de limagina- - L® } re Li £ 3 "Y hPrOA1r a { aflh NA A »: } tion. Îlse trompe cet hinement en affirmant que !Ies actions immorales ou morales ne laissent pas de
e des peuples, mais ce qui est i cutable, c'est l'effet durable, on peut dire éternel, des découvertes scientifiques. Et c'est le grand mérite de Bucklé de l'avoir relevé. Cette reconnaissance de l'importance évolutive des découvertes scientifiques ne se trouve aucunement, comme nous l'avons indiqué, en contradiction avec le rôle prépo hHorRs que la conception géographique attribue au facteur climatérique. | Les progrès énormes des sciences accomplis au ours du dix-neuvième siècle, leur application prais multiple et féconde ne pouvaient que confirmer cette nee de la valeur histofique du facteur intellecluel. Du Bois-Revmond, le célèbre naturaliste, croit
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pouvoir trouver dans le manque de connaissances exactes la cause principale de la décadence du monde antique. « Le manque de connaissances de la näture est devenu fatal pour l'humanité. Là se {trouve une des causes les plus importantes de la chute de la civilisation antique. Le grand malheur infligé à l'humanité, l’'envahissement des régions de la Méditerrannée par les Barbares pouvait être, très probablement, évité si les anciens avaient possédé les sciences naturelles comme de nos jours... La civilisation antique a péri, non parce que la terre des régions méditerranéennes manquait de phosphore, mais parce qu’elle a été bâtie sur les sables de l'Esthétique et de la pensée abstraite que le torrent des Barbares a emporté impétueusement.. S'il existe un fait qui, à lui seul, puisse indiquer l’état des progrès accomplis par l'humanité, c’est le degré atteint par la domination de la nature par l'homme. »
La reconnaissance de la valeur historique du facteur intellectuel par les partisans de la conception géo” graphique est un moment positif de celte conceplion. Pourtant, elle contient aussi un élément négatif. |
Les forces aveugles de la nature se présentent à nous comme des obstacles souvent insurmontables, fatals: auxquels nous n'avons qu'à nous soumetire. La nature anéantit l'homme. Aussi Buckle condamne les peuples de l'Asie et de l'Afrique à rester éternellement des esclaves ignorants de la nature. La con-
ception géographique tend à devenir ainsi ce que.
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