‹ La philosophie de Malebranche (volume 2)Chapitre 14 sur 117 · Ed. Erdmann, p · texte numérisé non relu

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LES CRITIQUES DE MALEBRllICHE. 41

à Locke qui, par impuissance de dépasser les données sensibles, nie les vérités éternelles et la con* naissance de Fâme; à Malebranche, qui, par esprit de systètne, veut que toute connaissance soit direc** tement puisée en Dieu et nie que nous ayons dé TAme aucune idée.

En résumé, de Texamen qu*ArnauId et Locke font de la doctrine de Malebranche, il ressort :

l"" Que les idées ne sont rien en dehors de Tesprit qui connaît ;

T Que l'hypothèse de la vision en Dieu est inacceptable: i\rnauld et Locke s'accordent sur ces deux points;

3* Que ce n'est pas l'expérience qui est le vrai fondement de la connaissance humaine, comme Ârnauld incline à le croire et comme l'affirme Locke^ mais que ce sont les vérités éternelles, mal connues par Amauld, altérées et niées par Locke, fermement maintenues par Malebranche ;

4"" Que l'àme se connaît elle-même, non pas d'une manière adéquate, mais d'une manière claii*e et suffisante, quoi qu'en disent, pour des raisons différentes et presque opposées, Malebranche et Locke, et ainsi qu'Ârnauld le montre très-bien;

5* Qu'Arnauld a entrevu la vérité quand il dit que la pensée de l'être infini et la pensée de l'âme sont au fond de toute connaissance : mais il n'a

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pas BU profiter de cette irae si ypate ; Malebranche a négligé dans Texplication de la connaissance Tâme même et ce qa*elle fiiit: mais il a compris ce que Dieu donne et opère : il s*est perdu par Texagération de celte vérité ; Locke n*a rien saisi ni du rôle de r&me ni de celui de Dieu ; il s*est arrêté dans le sensible;

6* Enfin, qu'entre la théorie de la vision en Dieu et celle de Tinefficace des causes secondes, il y a un lien sans cesse démontré par Malebranche, parfois aperçu par Ârnauld, et que pour réfuter complètement rhypothëse de Malebranche, il faut restituer Taclivité aux corps et aux esprits*

Arnauld encore, et la criUqaè de la Uiéorîede la Providence.

Considérons maintenant les attaques qui ont été dirigées contre la théorie de la Providence : Arnauld, nous le savons, est encore ici au premier rang^

Ce qu'Arnauld reproche avant tout à Malebranche, c'est son audace. M. Descartes ne craignait pas d'avouer qu'il trouvait difficile d'accorder la Providence et la liberté : aux yeux du P. Malebranche,

t. néflexions philosophiques el théologiques sur le nouveau système delà nature et delagrâce^ repartie, 1685; ;il« el III» pan., 1686.

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