LES DISCIPLES DE MÀLBBRANCHB
posé, un esprit origiDai et hardi. Il est curieux d*y rechercher les traces du malebranchisme. Voilà bien le plus étrange et le plus audacieux disciple que Malebranche ait jamais eu : il en eût eu horreur, à ce que je pense, comme d*un nouveau Spir noza, et les sentiments religieux mêlés à ce bizarre système ne Tauraient pas rassuré.
Ce sont des esprits plus modérés, qui, en perpétuant le malebranchisme au xviii* siècle, protestent avec les principes de cette noble philosophie contre le sensualisme du temps.
D*Âguesseau, né en 1668, mais mort en 1751, et appartenant par ses écrits philosophiques au XYiii* siècle, s*inspire de Malebranche dans ses Mé-ditaiions métaphysiques sur les vraies et les fausses idées de la justice j établit contre Locke Texistence d*une justice absolue, et en général de principes innés supérieurs à toute démonstration, et place le fondement de la morale dans Tordre immuable et éternel. On ne peut regarder comme un véritable malebranchiste celui qui a dit : c Ce n'est pas ce qui est du ressort de la pure métaphysique que Ton doit chercher dans le P. Malebranche ^ » Mais, s*il se défie de certaines théories du grand philosophe^, il
1. Insiniciions sur Us éludes propres à former un magittrai^^y,
2. « Il faut avouer qu'au milieu de plusieurs bonnes choses, il est échappé à ce philosophe, non-seulement des expressions, mais des dogmes philosophiques dont on peut abuser aisément pour soutenir une partie des raisonnements qui sont dans le traité de V Infini créé. •
f08 DIUXIÈMB fARTUS. — CHÀflTIIB îl.
conserve on respectueux et tendre souTenir des rdations qu'il a eues personnellement avec lui S déclare comme lui que « Dieu est la lumière éternelle de toutes les intelligences*, » et dans ce qui a rapport à la morale, le prend avec amour pour modèle et pour maître.
Le P. Roche, de TOratoire, combat Tempirisme, réfute Locke et Condillac, poursuit le matérialisme. Il écrit dans cette vue un Traité de la nature de Vdme et de torigine de ses connaissances. Là, on retrouve les principes de la métaphysique de Malebranche : toutes les idées nous sont données par Dieu, les idées sensibles, à la suite de Timpression des sens, les idées intellectuelles ou innées immédiatement ; c*esten Dieu que nous voyons toutes les idées des êtres créés '. Seulement, le P. Roche n*ad* met pas, comme Malebranche, que Tàme ne se con* naisse point par une idée distincte, c Puisque les idées de tous les êtres sont en Dieu, il faut nécessairement que ridée d'un esprit créé s'y trouve aussi : pourquoi donc Tâme ne Ty verrait-elle pas? Ëclairée de cette divine lumière, elle découvrira tout ce qui est essentiel à un esprit, sa spiritualité abso-
Lettre ix, I. XU des Œuvres complètes, 1759. Voir M. Bouiilier, Hisl. de la philos, cari.^ t. II, ch. xxx.