‹ La philosophie de Malebranche (volume 5)Chapitre 16 sur 100 · Essai sur l' entend, hum., liv. IV, ch. m, G · texte numérisé non relu

Essai sur l' entend, hum., liv. IV, ch. m, G

2. Locke dit que nous connaissons notre existence avec une évidence entière qui n'a pas besoin d'être prouvée; il ajoute que lors même qu'il entreprendrait de douter de toutes choses, ce doute même ne lui permettrait pas de douter de son existence. {Essai, liv. IV, ch. IX, 3.) Mais celte « intuition » n'est qu'un sentiment intérieur moins distinct ou moins vif que celui qu'admet Malebranche. Car Malebranche n'hésite pas à décider qu'entre la matière et la pensée il y a incompatibilité.

3. Le cardinal Gerdil a composé une Défense du senlimeni du P. Malebranche sur la nature et l'origine des idées, contre l' examen de Locke {Turin, 1748; Bologne, 1787). Il attaque vigoureusement Locke qui est pour lui le repiésentant de l'empirisme : il examine les uns après les autres ses arguments presque toujours <( faibles ou faux, » relève ses « contradictions presque continuelles, » et montre que dans cette modestie et celle sagesse tant vantées il y a beaucoup de timidité métaphysique. A cette philosophie chancelante, œuvre

Leibnitz, dans ses Béjlexioîis sur cet examen de la vision en Dieu par Locke S dit en finissant: « La vérité est c[ue nous voyons tout en nous et dans nos anies, et que la connaissance que nous avons de l'âme est très-véritable et juste pourvu que nous y prenions garde; que c'est par la connaissance que nous avons de l'âme que nous connaissons l'être, la substance, Dieu môme, et que c'est parla réQexion sur nos pensées que nous connaissons l'étendue et les corps ; qu'il est vrai cependant que Dieu nous donne tout ce qu'il y a de positif en cela, et toute perfection y enveloppée, par une émanation immédiate et continuelle, en vertu de la dépendance que toutes les créatures ont de lui, et c'est par là qu'on peut donner un bon sens à cette phrase, que Dieu est l'objet de nos âmes et que nous voyons tout en lui. »

Dans les lignes que nous venons de lire, écartons ce qui tient au système de Leibnitz, ôtons particulièroivient ce qui y est dit des corps que nous connaîtrions, selon Leibnitz, non pas en eux-mêmes, mais en faisant réflexion sur nos pensées. Une fois ces réserves faites, nous trouvons dans ces lignes une réponse excellente à Locke et à Malebranche :

d'un homme qui mesure à sa propre faiblesse !a capacité naturelle de l'esijrit humain, Gcrdil oppose « le système si étroitement enchaîné et la noble assurance » de ilalebranche. Cette Défense est fort remarquable. Nous parlerons de Gerdil, plus loin, au chapitre ii de cette deuxième partie.

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