‹ La philosophie de Malebranche (volume 5)Chapitre 4 sur 100 · Des vraies el des fausses idées, ch. xii · texte numérisé non relu

Des vraies el des fausses idées, ch. xii

mier cas il considère ces rapports en eux-mêmes, et alors il les regarde comme de pures abstractions, tandis que dans le second cas il les dit réels, d'abord parce qu'il veut bien marquer qu'ils sont vrais, que ce ne sont pas des chimères ni des fictions, et surtout parce qu'il les considère en Dieu où ils subsistent? Enfin je sais qu'en parlant de la connaissance de Dieu il avance tour à tour et que nous connaissons Dieu sans idée et que nous avons l'idée de Dieu : mais, dans son système, dire que nous connaissons Dieu sans idée, c'est dire que Dieu n'a pas besoin d'un archétype étranger à lui qui le représente , qu'une telle représentation serait impossible, et qu'ainsi Dieu est à lui-même sa propre idée et son propre archétype; soutenir au contraire que nous avons l'idée de Dieu, c'est affirmer que nous savons clairement que Dieu est et qu'il est l'Être parfait, l'Être infini, l'Être incompréhensible, etc. Voilà donc encore cette dernière contradiction dissipée ^ Ce n'est pas tout. Selon Arnauld, Malebranche prétend tantôt que nous voyons Dieu en voyant les créatures en Dieu, et tantôt que nous voyons, non pas Dieu, mais seulement les créatures-. Pure chicane ! Affaire de mots î Dans le système de x^îalebranche, quoique nous voyions, c'est Dieu que nous voyons, Dieu même, Dieu seul : mais nousle voyons

1. Voir la Bép. au livre des vraies cl des fausses idées, cli. xiv.

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