‹ La philosophie de Malebranche (volume 5)Chapitre 6 sur 100 · Des vraies et des fausses idées, ch. iv-xi · texte numérisé non relu

Des vraies et des fausses idées, ch. iv-xi

pas, comme il le répète, de vaines entités, puisque Malebranche ne leur accorde que provisoirement une sorte de réalité et s'achemine par eux jusqu'à Dieu même, qui est le seul être représentatif véritable ^ Mais, à part cet oubli et cette injustice, tout est excellent dans la discussion : la prétendue nécessité d'un intermédiaire entre l'esprit et l'objet dans la connaissance des corps est renversée. En vain dit-on qu'on ne conçoit pas comment l'esprit peut connaître des choses matérielles. Ces fantastiques suppositions éclaircissent-elles le mystère? N'embrouillent-elles pas tout, comme il arrive toujours quand on veut expliquer l'inexplicable'-^? En vain objecte-t-on encore que la matière n'est pas assez parfaite pour être vue immédiatement par notre âme. « Quand il s'agit seulement d'être connu, que peut faire à cela l'imperfection des objets matériels? Si la connaissance suppose quelque perfection, c'est dans ce qui connaît, non dans ce qui est connu. Les corps les plus grossiers sont connaissables par cela seul qu'ils sont. Être connu n'est qu'une

simple dénomination dans l'objet connu, et il suffit

pour cela de n'être pas un pur néant; car il n'y a que le néant qui soit incapable d'être connu, et être connaissable est une propriété inséparable de l'être. De sorte que c'est l'imagination du monde la plus

Page 1