Jbid., II, ch. VI, IG
servitudes ^ ^t îl enseigne, nous Tavons tu, la bienveillance plutôt que la bonté véritable. Admire -t- il un instant les beautés sensibles? bientôt il en détourne les yeux, tant il a peur de s'y attacher, et il se garde bien de se rendre le goût trop fin et trop délicat pour les discerner, tellement il est persuadé que cela ne peut qu'affaiblir l'esprit et corrompre le cœur ^. Sans doute il reconnaît que les choses sensibles peuvent à leur manière nous élever à Dieu, que toute beauté est une imitation de l'ordre, que dans le plaisir même on peut voir et aimer Dieu, Dieu qui, dans son système, en est la seule cause véritable. Mais il redoute à tel point l'abus et le croit si facile qu'il proscrit l'usage*^. « Il faudrait, si cela se pouvait, dit-il, rompre tout le commerce que nous avons avec le reste de la nature*. » Cela ne se peut pas : du moins il veut qu'on supprime tout commerce qui n'est pas indispensable, et il répète partout qu'il faut se séparer des choses sensibles et les fuir, qu'elles sont dangereuses, que c'est folie de s'exposer au péril dans le vain espoir de le surmonter. « Il vaut mieux sortir d'un courant qui nous entraîne si nous cessons un moment d'y résis-