‹ La philosophie de Newton (volume 2)Chapitre 52 sur 183 · et. Pnncipes, Axiomes, p · texte numérisé non relu

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malliématiquos vorifiable rigourciisomcnt. L'incertitude des mesures n'^elles et Tignorance des aclions cachées ne peuvent permettre que des confirmations de plus en plus précises. La loi de l'inertie apparaît de la sorte elle aussi comme une loi limit(^ L'idée de bon sens qui lui sert de base estjuste et objective. Mais la forme mathémali(ïuc que nous lui donnons afin <le rendre possibles les mesures est une forme idéale qui devance les faits.

La deuxième loi de la mécanique newtonienne se formule de la manière suivante : « Les changements qui arrivent dans le « mouvement sont proportionnels à la force motrice, et se font « dans la ligne droite dans laquelle celte force a été imprimée. » Celte loi est distincte de la précédente bien qu'elle la complète sur plus d'un point. L'ensemble seul de ces deux lois constitue le principe d in<M'lie, tel qu'il est admis dans la mécanique modrrne. La première loi prend les corps au repos, ou, ce qui revient à peu près au même, dans un étiit de mouvement uniforme di\ à l'effet <le l'inertie. Elle aflirme que si ce repos cesse ou si ce mouvement change de nature, cela ne peut être dû qu'à l'action d'une force dont l'intensité se mesure justement aux effets perturbateurs qu'elle produit. La deuxième loi tout au contraire prend les corps h l'état de mouvement, et à l'état de mouvement varié. Par conséquent les corps sont déjà soumis à l'action <le forces bien déterminées. Elle affirme que si ce mouvement ciianu:^? soit de vitesse soit de direction, cela révèle des forces nouvelles de tous points comparables aux forces primitives.

1ji d'autres termes, il ressort de c(îtte loi que la manifestation d(»s forces est la même dans le cas des corps en mouvement et dans le cas <les corps en repos. La manière dont un corps s<* comporte en présence d une force donnée est indépendante de son état de repos ou de mouvement. Un corps qui passe d'un mouvement à un autre présente les mômes phénomènes qu'un corps qui passe du repos au mouvement, il n'y a pas lieu d'établir de distinction (Mitre les forces motrices et les forces perturbatrices. C'est là uii point qui n'était nullement évident a priori. La raison pure ne suftit pas à faire voir (|u un mouvement se su|)erpose aussi bitMi à un autre mouvement (|u au repos, et les vérilications (pie donne Newton dans

le cours des Principes étaient rigoureusement nécessaires. Cependant, on pouvait les prévoir si, quittant un instant le terrain mathématique, on se réfère aux phénomènes réels et h la continuité qu'ils présentent. Lorsque nous parlons du repos d'un corps et de la résistance qu'il offre au mouvement, nous employons un langage mathématique, utile mais rigide. La réalité des phénomènes ne correspond qu'approximativement ù ce langage. Le repos provient toujours d'un mouvement antérieur et n'est qu'une altération de ce mouvement. Il n'y a entre le mouvement et le repos qu'une différence de degré, et jamais on n'observe de passage brusque d'un état à Tautre. 11 suit de à immédiatement que la force appliquée à un corps et qui le met en mouvement ne peut agir en un instant. Elle opère d'une manière successive et la rapidité de son action nous en dissimule souvent la durée. Il y a donc déjà dans le cas de l'inertie statique un commencement d'effet dynamique. La force qui met en branle le mouvement produit une série d'impulsions qu'elle modifie successivement, et si nous jugeons quelle agit d'une seule fois, c'est que l'effet total nous est seul accessible. On comprend cilors que l'inertie des corps doive se manifester de la même façon dans le cas de i)roduction d'un mouvement et dans celui d'une modification au mouvement produit. Les deux cas sont physiquement les mêmes et en se servant de la continuité il est bien facile dépasser de l'un à l'autre. Quoiqu'il en soit, Newton insiste sur ce fait qu'une « force double pro- « duit un mouvement double, soit qu'elle ait été imprimée en « un seul coup, soit qu'elle l'ait été peu li peu et successive- « ment*. » Un grand nombre de théorèmes des /V/?ic?7?es s'appuyent sur cette proposition, qui est le complément expérimental de la loi de l'inertie.

La manière empirique dont Newton éta])lit le principe d inertie a été longtemps avant de s'imposer dans la science. L'influence de Descartes et de ses disciples avait fait admettre que Je principe d'inertie peut se déduire a pnore, et les travaux métaphysiques de Leibniz laissent apercevoir la même conviction.

Leibniz rattachait étroitement son idée de linerlie au système de la monadologie. Pour lui la « force ((ui est en la malière »

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