‹ La philosophie de Newton (volume 2)Chapitre 55 sur 183 · Cf. Principes de la Philosophie, !!• partie · texte numérisé non relu

Cf. Principes de la Philosophie, !!• partie

la présence de l'air apporte à risolcmcnt mécanique d'un système. Nous savons aujourd'hui que môme dans le vide un corps n'est pas à l'abri du rayonnement. Malp;ré cela nous sommes plus aflirmalifs que Newton. Nous pensons que le principe de non-aclion à distance s'applique li tous les cas, môme au rayonnement. Celte hardiesse nous vient non de Newton, mais des idées théoriques de Faraday et de Maxwell *•

Ces physiciens, loin de se contenter d'admettre le principe de non-action h distance dans les cas où l'expérience le suggère, sont allés jusqu'à l'ériger en axiome dans les cas où elle semble les contredire. Il est curieux que les tendances empirites aient pu s'allier avec une vue si hardie. Faraday, puis Maxwell, ont porté leur attention sur les phénomènes magnétiques ou électriques qui constituent le domaine <rélection des actions à distance. L'attraction d'un courant sur un courant, l'attraction d'un pôle sur un élément de courant étaient considérées jusqu'à eux comme des forces s'exerçant à dislance. Fn montrant que le milieu diélectrique ou magnétique est le véritable siège des forces électromagnétiques, Maxwell a ramené toutes les lois de rKlectromagnétisme au principe des actions de contact. Cette généralisation est faite a priori. L'idée (ju'une force put agir là où elle n'est i)as semblait à Maxwell théoriquement absurde. L'expérience prouve indirectement qu'il avait raison. On peut dire qu'il était plus physicien que New- Ion, mais il faut ajouter qu'il était plus métaphysicien que lui.

Le principe de Vègalité de Vaclion et de la réaclion est un de ceux qui sont le plus importants dans la mécanique de Newton. 11 est facile d'en comprendre la raison si l'on se reporte au rôle propre des principes. Ils ont pour but, non pas de fournir simplement un résumé des faits, mais de procurer dans chaque cas les équations du problème. Le principe de l'égalité de l'action et de la réaction est admirablement approprié à cet usage. Il donne, par son énoncé même, une relation d'égalité entre certaines grandeurs, alors que tous les principes analysés jusqu'ici nous apprenaient seulement que ces grandeurs

1. V. Maxwell, Matler and Motion, § 41. « Chaque fois que nous rencontrons un changement dans le mouvement d'un corps, nous pouvons ramener ce changement à une action qui met ce corps en rapport avec un autre, c'est-à-dire à un contact »,

cxistriil. 11 suffira de considérer comme connu Tun ou l'autre des deux termes de la relation, pour que celle-ci puisse s'interpréter comme la véritable équation du problème. C'est ainsi quoii établit les lois du choc des corps, en supposant connues les forces développées par le choc. Le principe de l'égalité de lartion et de la réaction devient de la sorte l'instrument essentiel de la mécanique mathématique.

Parmi ceux qui ont le mieux pressenti avant lui le principe de l'égalité del'action et de la réaction, New ton cite, outre Galilée, le Glievalier Christophe Wren, J. Wallis et Huygens ^. Newton ne elle nulle part Descaries et Ton pourrait croire que les théories cartésiennes ont été sans influence sur son esprit. Mais il suffit de lire le Corollaire III des Lois du mouvement et de voir le vCAq prépondérant qu'y joue la notion de « quantité (le mouvement », pour se persuader que la mécanique de Descarli^s n a pas été étrangère à Newton.

Descartes, nous sommes obligés de le reconnaître, n*a pas connu le principe de l'égalité de l'action et de la réaction sous sa forme générale. L'idée qu'il se faisait de « l'action » était assez confuse, et comportait un mélange des notions de masse, de direction et de vitesse. Mais Descartes a insisté fortement sur un cas particulier de la loi del'action et de la réaction, où, malgré rinexaclitude do son langage, il a été l'initiateur de la vérité. Nous voulons parler des lois du choc des corps, telles qu'on les trouve exposées par exemple dans les Principes de la Philosophie '.

Descartes explique que la rencontre de deux corps solides peut donner lieu à plusieurs alternatives. D'abord le corps chociué peut être incomparablement « plus fort » que le corps cho(piant. Kn d'autres termes, la quantité d'action mise en jeu dans la rencontre est insuffisante pour modilier l'état du premier corps, tandis qu'elle est sufiisante pour modifier celui du second. Tout se passe comme si le premier corps ne subissait pas d'action. Le corps le plus fiiible est dévié, son mouvement change (h* « délermination », non de « quantité ». Dans ce cas Dostartos méconiiait entièrement le principe de l'égalité de

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