‹ La philosophie de Newton (volume 2)Chapitre 86 sur 183 · Cf. De Muîidi .SyW., p · texte numérisé non relu

Cf. De Muîidi .SyW., p

milieu qu'on voudra, corporel ou irïcorporel, qui pousse l'un vers l'autre d'une manière'quelconquc les corps qui y nagent * ». Dans tous les cas les phénomènes restant les mômes, le nom seul est changé. Lorsque nous nous servons du mot Aattrac^ lion, nous choisissons parmi toutes les expressions celle qui semble la plus pratique. 11 est certain qu'elle n'est pas sans défaut, et Newton s'en rendait compte lui-même-. Mais l'imperfection du langage ne change rien au.K mesures, et l'objectivité des lois ne dépend pas des signes dont nous les revêtons.

Est-ce à dire qu'il faille s'en tenir, dans l'interprétation de la loi de Newton, à Tattitude traditionnelle qui consiste à donner de cetto loi la formule suivante : tous les corps matériels se meuvent, non pas sous l'effet d'une attraction proportioinielie aux masses et inversement proportionnelle au carré de la distance, mais comme si une pareille attraction existait. Cette int<?rprétation a trop longtemps passé pour la traduction complète de la pensée de Newton. Nous ne croyons pas qu'elle réponde entièrement îi l'esprit de sa méthode. Il est juste de dire que Newton lui-même a souvent employé des expressions de ce genre. Mais c'est presque toujours pour désigner l'attraction d'un centre fictif sur des centres réels. Par exemj)le, lorsque deux masses s'attirent sans qu'aucune d'elles soit assujettie à demeurer fixe, tout se passe comme si elles ne s'attiraient pas, et qu'elles fussent attirées l'une et l'autre avec une force convenable par un troisième corps })lacé dans leur centre commun de gravité^. Il y a donc une part de vérité dans la tradition qui assigne à Newton un langage aussi réservé. Newton attribuait à sa loi une valeur nominale, et il est certain que la recherche des causes se ramenait pour lui à une définition mathématique.

Néanmoins il serait inexact de croire que tout soit dit lorsqu'on s'est abrité sous un langage dubitatif. Les planètes se comportent comme si elles suivaient la loi de Newton, c'est là

Page 1