‹ La philosophie de Newton (volume 3)Chapitre 152 sur 223 · iljid · texte numérisé non relu

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imagée, il a pour ainsi dire donné des lois à la science positive, avant même que celle-ci n'existât. Il a répandu des germes didées qui ont mûri spontanément. « On trouve dans son livre, en termes exprès, cette attraction nouvelle dontNx^wton passe pour l'inventeur ^ ». Le succès de ses disciples a nui un peu à la gloire de Bacon. L'éclat des découvertes newtoniennes a fait oublier que ces découvertes étaient préparées par de longs efforts, qu'elles n'eussent pu se produire si l'esprit scientifique n'avait été suscité par la méthode de Bacon. « Le plus singulier et le meilleur de ses ouvrages, est celui qui est aujourd'hui le moins lu et le plus inutile : je veux parler de son Novum Organum Scientiarum. C'est Véchafaud avec lequel on a bàli la nouvelle philosophie ; et quand cet édifice a été élevé, au moins en partie, l'échafaud n'a plus été d'aucun usage '-. » Voltaire, on le voit, saisit parfaitement le lien qui existe entre les progrès de l'empirisme et ceux de la philosophie naturelle. «Le chancelier Bacon ne connaissait pas encore la nature, mais il savait et indiquait tous les chemins qui mènent à elle... Il est le père de la philosophie expérimentale^. »

Quant à Locke, il représente lui aussi un aspect de la même tendance. Il serait injuste d'en faire le fondateur unique de l'école nouvelle, comme Userait injuste de lui refuser une influence directe sur cette école. Il a appliqué aux questions psychologiques les procédés descriptifs de Bacon. Si l'esprit d'analyse qu'il déploie a pu servir de modèle aux physiciens proprement (lits, il est vrai aussi « qu'il s'aide partout du flambeau de la physique * ». 11 y a donc action et réaction de la science positive sur la j)hilosoj)hic empiristc, et de celle-ci sur la science. N'oltairc a eu le mérite, aune époque où la tradition française était sans réserve favorable à la métaphysique, d'apercevoir qu'on Angleterre la science et l'empirisme avaient marché de pair et progressaient l'une par l'autre. C'est cette constatation qui devait l'iimener à admettre la stérilité de toute métaphysique, et à lutter sans répit contre la métaphysique alors régnante en France, la métaphysique cartésienne.

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