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53i LA PHILOSOPHIE DE >'E\VïON
logique de Descartes a même aggrave Terreur de sa méthode. Faite d'intuitions téméraires il ne pouvait en tirer logiquement que des conclusions douteuses : « M. Conduit, neveu du chevalier Newton, m'a assuré que son oncle avait lu Descartes à làge (le vingt ans, qu'il crayonna les marges des premières pages, et quil n'y mit qu'une seule note, souvent répétée : erreur ; mais que, las d'écrire erreur partout, il jeta le livre et ne le relut jamais '. »
On conçoit que, placé à ce point de vue, Voltaire ait pu se dispenser d'une réfutation détaillée du cartésianisme. Du moment que l'évidence cartésienne ne se distingue pas aux yeux de Voltaire des rêveries qu'elle doit supplanter, il suffit de critiquer les applications du système pour montrer le vice de son principe.
- Or cette critique a été faite de main de maître par Newton. Nous avons vu- que la physique de Newton, dans sa partie la plus incontestable, la mécanique céleste, va directement à rencontre du système des tourbillons. Même en accordant à Descartes 1 liypothèse de la matière subtile, même en se plaçant dans le cas le plus favorable aux mouvements tourbillonnaires, Newton a fait voir que le système cartésien contredit les lois de Kepler, les lois expérimentales de l'hydrodynamique, les lois qui régissent la vitesse des astres au voisinage du périhélie. De ces contradictions Newton ne voulait conclure que l'inanité du système des tourbillons, et il se gardait de prétendre quoi que ce soit touchant la métaphysique de Descartes. \'oltaire se montre moins réservé. Les résultats de Newton prouvent pas des raisonnements physiques, c'est-à-dire irréfutables, que l'hypothèse de la matière subtile est contraire aux faits. « Avant de calculer la force centrifuge et la vitesse de cette matière subtile, il fallait s'assurer qu'elle existât, et supposé ((ucllc existe, il est encore démontré faux qu'elle puisse être la cause de la pesanteur ' .»
Mais si la matière subtile est fiction, on devra aussi taxer de (iction la conception cartésienne de l'étendue. Plus Descartes a fait d'efforts pour déduire dune notion fondamentale tous les
\. V. Lell. riiil., XV.
2. V. plus hinitja Gravilatiiui L'iiiversellc cl la Mécanique GOlesle.