LES ORIGINES DE LA THÉORIE DE LÉTHER ET LA PHYSIQUE DE NEWTON
La théorie de l'Ether joue dans la physique moderne un rôle essentiel. En optique, en magnétisme, en électricité, on lui doit la plupart des progrès accomplis par la science depuis un siècle. Le sens même du mot éther est difficile à préciser. Les différents auteurs qui admettent l'existence de l'éther ne lui attribuent pas les mêmes propriétés. Pour les uns, c'est un corps d'élasticité constante, qui résiste avec une force invincible à toute compression. Telle estla conception de Neumann et de ses disciples. Fres^îe/ au contraire envisage l'éther comme doué d'une élasticité variable, mais répandu avec la même densité dans tout l'univers. Encore n'est-il pas certain que Fresnel, selon les phénomènes qu'il s'agit d'expliquer, n'ait pas admis successivement les deux hypothèses ^ D'autres physiciens, Maxwell par exemple, considèrent l'élher comme le siège de perturbations électromagnétiques, et ici encore les tensions qu'il supporte sont estimées différemment selon qu'il s'agit d'expliquer la polarisation diélectrique ou l'attraction électrostatique-. L'éther est regardé par HelmhoUz et Lorentz comme agissant sur la matière. Mais cette action se fait pour le premier conformément au principe de l'égalité de l'action et de la réaction, tout comme en mécanique ; il semble bien qu'on ne puisse conserver ce principe dans rEIectro(lynami({ue de Lorentz sans l'abandonner dans la Dynamique proprement dite^
1. V. H. Poincaré. Théorie malhéinatique de la Lumière, t. l (Paris).