‹ La Philosophie de NewtonChapitre 159 sur 202 · N. Phil Trans. n · texte numérisé non relu

N. Phil Trans. n

explique la lumière, et en supposant qu'elle puisse rendre compte du fait de la propagation rectiligne, on sera amené à chercher l'origine de la dispersion dans une variation de grandeur, de forme ou de mouvement des particules qui composent les rayons. On sera donc conduit à envisager la Iumière naturelle comme un assemblage de « rayons dissemblables », et puisque cette dissimilitude primitive (primigeniæ inequalitates) fait que les rayons diffèrent en même temps par leur couleur et par leur réfrangibilité, je ne vois pas pourquoi, dit Newton, ceux qui adhèrent aux hypothèses moléculaires chercheræent d'autres causes à ces effets. L’ « essence » matérielle de la lumière est à la fois hypothétique et obscure, et tout ce qu’on en pourra imaginer reviendra à lui attribuer une qualité identique à celle que lui attribue Newton : le pouvoir de se réfracter inégalement suivant la couleur.

I ressort de là que la règle de Newton, d'après laquelle il ne faut pas feindre de causes inutiles, a surtout une valeur polémique. C’est pour couper court une fois pour toutes aux objections de ceux qui l'accusent de faire connaitre non les essences, mais les accidents des choses, que Newton se refuse à admettre des essences, là où les accidents permettent d’expliquer les faits. On peut rattacher au même ordre d'idées la déclaralion que fait Newton au début deson Système du Monde. Là aussi 1l se heurte à des objections factices contre la loi de la gravitation universelle. Rien ne prouve, lui dit-on, que l’attraction cosmique soil la seule force qui s’exerce entre les planètes. Assurément la loi de la gravitation suffit à rendre compte des mouvements célestes, mais ne se pourrait-il pas que dans le monde solaire s’opèrent des translations d'ensemble dont la gravitation ne tient pas compte ? Il est possible, répond Newton, que des forces de translation existent, mais la situation relative des planètes n'en reçoit aucune modification sensible. Or nous ne nous préoccupons dans nos recherches que de la cause d'effets sensibles. Une force dont l’action ne serait pas saisissable doitêtre considérée comme précaire etrejetée comme telle?. Elle n’a nul rapport avec les phénomènes. C’est une

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