Principes, L. % Déf. IV
PE
batrice de la gravité est éliminée dans la mesure du possible, le mouvement commencé va se constituer et rien ne l'arrètera.
En d’autres termes, plus on approche de l'état limite où toutes les forces sont annihilées, plus le mouvement à de tendance à se propager sans altération. C’est aussi ce qu'on constale lorsqu'on lance une bille sur un plan parfaitement poli. A mesure qu'on élimine les froltements, on voit le mouvement de la bille gagner en constance et en durée. Nous arrivons donc à une idée qui semble incompatible avec celle dont nous sommes partis. Un mouvement, disions-nous, ne peut avoir licu sans l'action d'une force, soit en ce qui concerne la première impulsion, soil en ce qui regarde les modifications ultérieures. Ici nous voyons un mouvement se conserver sans l'action d'une force et même se perpétuer d'autant mieux qu'il est plus à l'abri des forces étrangères. Il y a là un désaccord inconcevable entre les effets et les causes, en même temps qu'une violation expresse du principe de continuité.
Ce principe ne peut êlre en défaut. Il nous faut done chercher une interprétation nouvelle des expériences précédentes, et cette interprétation va nous obliger à admettre des forces d'inertie.
Observons d’abord que la force appliquée ne rencontre jamais le corps dans un repos parfait. Sans compler ce qu'il y a d’arbitraire dans la conceplion du repos absolu, il est clair qu'un corps quelconque subit loujours l'effet de ses états antérieurs, en même temps quil peut obéir à des champs de forces qui nous demeurent inconnus. Alors la force qui va s’appliquer à ce corps, et qui émane d’un milieu que nous considérons à part, ne trouvera pas le corps indifférent à tous les mouvements possibles. Tout se passera comme si l'objet était soumis à un champ préexistant el si, pour modifier son repos apparent, il fallait commencer par neutraliser ce champ. De même lorsqu à la fin de Pexpérience nous voulons supprimer la force appliquée pour ramener le corps à l'état initial, 1 se trouve que cet artifice ne suflit pas. Les élats antérieurs par où le corps a passé ont laissé une trace durable. Il faut pour en neutraliser l'effet créer une force de signe convenable et d’in+ tensité déterminée. C’est l'existence de ce champ antagoniste qui a suggéré l’idée des forces d'inertie.
BLocu.
Lorsque nous parlons de l'inertie d’un corps, ou de sa tendance à persévérer dans l’état où il se trouve, nous énonçons, dans un langage de convention, un fait expérimental. C'est parce que le mouvement et le repos ne se créent jamais de toutes pièces, mais se ramènent insensiblement l’un à l’autre par le jeu des forces appliquées, que nous avons été amenés à admettre des forces autres que les forces appliquées. Ces forces expliquent qu'un champ quelconque n’agisse jamais n1 instantanément, ni complètement. La force imprimée (vis impressa), laquelle émane du milieu extérieur, rencontre toujours une force antagonisle, qui a son siège dans l'objet même (vis insila). Ceci est vrai non seulement, comme l'explique Newton, des actions mécaniques, mais de toutes les actions de la nature. La pression exercée sur une masse fluide rencontre loujours une cause antagoniste que nous interprétons comme une contre-pression. Les modifications du, courant qui traverse un circuit rencontrent une tendance à la stabilité, que nous interprétons comme un contre-courant, et ainsi de suite. Les forces d'inertie ont donc à la fois un caractère coneret et une portée générale. Les forces ordinaires sont l'expression commode dont nous nous servons pour expliquer le mouvement, les forces d'inertie sont un terme analogue qui caractérise la résistance aux variations.
On peut s'élever par d’autres considérations à la définition des forces d'inertie. Nous savons que lorsqu'un corps est en équilibre sous l'action de forces données, il se développe en des points déterminés des forces antagonistes, dites forces de réaction. Leur résultante est égale en grandeur à celle des forces primitives. L'équilibre d'un système matériel suppose donc l'égalité de grandeurs homogènes, forces d'action d’une part, forces de réaction de l’autre. Le mouvement d'un corps est assimilable à une suite d'états d'équilibre. A chaque momentil y a équivalence entre les forces directement appliquées el d’autres grandeurs homogènes, que nous devons nécessairement concevoir comme des forces. L'équation fondamentale de la dynamique