Principes, Scholie, p
9. Cf. Principes, L. I, Scholie, p. 11. « Comme les porticns de l'espace ne « peuvent être vues ni distinguées les unes des autres par nos sens, nous « y suppléons par des mesures sensibles. Ainsi nous déterminons les lieux « par les positions et les distances à quelque corps que nous regardons « comme immobile, el nous mesurons ensuite les mouvements des corps « par rapport à ces lieux ainsi déterminés. Nous nous servons donc des « lieux et des mouvements relatifs à la place des lieux et des mouvements « absolus, »
formes confuses imposées par notre sensibilité aux rapports objectifs. H serait donc impossible à Leibniz d'accepter les distinctions de Newton entre l'espace absolu et l'espace relatif. L'espace est toujours absolu, si l'on entend par là qu'il a sa raison d'être dans l'harmonie absolue des choses ; il est toujours relatif si l’on veut dire que sans la multiplicité des êtres il n’y aurait pas de rapports d'espace. Au premier abord, on surprend chez Newton une formule bien voisine des formules leibniziennes. « Tout est dans le temps, dit-il, quant à l’ordre de la succession ; tout est dans l'espace quant à l'ordre de la situation !. » N'est-ce pas là un équivalent exact du principe
leibnizien, d’après lequel l'espace est l'ordre des coexistences, ,
le temps l'ordre des possibilités inconstantes ? Il serait dangereux d’attacher trop d'importance à lanalogie des deux formules. Newlon nous dit expressément que l’idée de lieu, d'espace ou de volume, ne peut se ramener à l'idée de situation. « Les silualions, à parler exactement, n'ont point de quantité, ce sont plutôt des affections des lieux, que des lieux proprement dits?. » Ainsi Newlon ne se range pas à l'idée que les rapports extérieurs des objets peuvent donner naissance aux propriétés spatiales. Pour lui, l'étendue d’un corps n'est pas simplement une dénomination extrinsèque. Le volume ou le lieu est une propriété intime, qui réside, tout comme la pesanteur, dans les moindres particules de l'objet. Nous retrouvons ici l'idée physique, déjà mise en lumière précédemment, que le volume est une propriété spécifique de la matière concrète : il lui est intérieur el a son siège dans toutes ses parties. On voit alors que le relativisme de Newton n'offre avec la métaphysique leibnizienne qu'une analogie verbale. Tandis que Leibniz s'efforce de réduire les propriétés sensibles de l’espace à une idée abstraite d'ordre ou de situation, Newton considère que ces propriétés sont essentielles à l’espace lui-même. Si l’on veut définir un espace absolu, il ne faudra pas éliminer ces propriétés par l'abstraction, il faudra les préciser par le calcul.
Les nolions de temps absolû et d'espace absolu amènent Newton à la définition du mouvement absolu, Le mouvement