‹ La Philosophie de NewtonChapitre 81 sur 202 · Trailé du Monde, ch. vu, p · texte numérisé non relu

Trailé du Monde, ch. vu, p

dans son ouvrage la quantilé exacte de mouvement requise pour sa plus grande perfection. Mais comme la conservation de l'univers n’est qu'une prolongation de l’action divine et que les raisons déterminantes de cette action sont absolument invariables, il en résulte qu'à chaque instant la quantité lotale de mouvement qui se trouve dans l'univers est constante et égale à celle qui s’y trouvait au début.

Nous connaissons d’ailleurs la perfection de Dieu « non seulement de ce qu’il est immuable en sa nature, mais encore de ce qu'il agit d'une façon qu'il ne change jamais. » L'invariabilité des voies de la providence est, comme le dira Malebranche, à la base des lois de la mécanique. Il suit de là que le mouvement initial imprimé par Dieu à l'univers doit se perpétuer sans altération, car si quelque chose disparaissait ou apparaissait, cela ne pourrait se faire sans une modification dans les desseins de la providence. Est-ce à dire que l’état mécanique de l’univers doive être un équilibre parfait ou un repos universel? Descartes pense au contraire que les changements dans la nature etles variations particulières du mouvement sont compatibles avec le principe général de la conservation du mouvement. Un corps peut diminuer de vitesse, sans rien perdre de son mouvement, si en même temps il augmente de masse. La quantité de mouvement reste encore invariable si par l’effet du choc une partie du mouvement passe d’un corps sur un autre. «Toutes fois et quantes que le mouvement d’une partie diminue, celui de quelque autre partie augmente à proportion! ». Ceci suffit à démontrer que le mouvement total se conserve dans l'univers. On peut dire que « Dieu agissant toujours de même, et par conséquent produisant toujours le même effet en substance, il se trouve comme par accident plusieurs diversités en ceteffet?. » Descartes laisse entrevoir par là que la constance des quantités de mouvement est avant tout un postulat métaphysique, et que les irrégularités dont l'expérience peut donner le soupçon doivent, pour des raisons a priori, êlre considérées comme purement apparentes.

La première loi du mouvement d’après Descartes est que

A. Princ. de la Phil., Ile partie, p. 151.

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