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Principes de la Philosophie, H» partie, § 23 et suivants

LES PRINCIPES DE LA MÉCANIQUE \9o

D'abord il est une chose frappante à la lecture des théorèmes de Descartes. C'est le dualisme entre force et matière qui se retrouve d'un bout à l'autre de la doctrine. Ce dualisme, qui a entravé si longtemps la découverte des lois véritables du mouvement \ est un débri des philosophies antérieures dont Descartes malgré lui n'arrive pas à se débarrasser. On y retrouve l'ancienne idée d'Aristote, pour qui la cause eftîciente du mouvement se distingue nettement de la cause matérielle, la présence simultanée des deux causes pouvant seule produire un mouvement réel. Pour Descartes, l'idée de matière et l'idée de mouvement se correspondent de la même manière que la substance et ses attributs ^. La matière peut se concevoir clairement et distinctement par elle-même, le mouvement viendra s'y ajouter lorsqu'il s*agira de construire le monde. C'est ainsi que toute la première partie du Traité du Monde est purement statique. Descartes y définit la matière en partant de l'étendue au moyen de considérations purement géométriques et, c'est seulement à partir du chapitre vu qu'il se préoccupe de rechercher les configurations que va prendre le monde une fois qu'on l'assujettit aux lois du mouvement.

De là des difficultés métaphysiques dont Descartes se tire par un appel direct à la théologie. Du moment que la masse est une réalité indépendante qui ne suppose pas la force, il faut pour expliquer l'action des forces sur les masses recourir à une cause efficiente. La nature de cette cause expliquera la nature du mouvement et les propriétés de la cause expliqueront les lois du mouvement. Pour ce qui est de la cause première du mouvement, Descartes juge évident qu'il n'y en a point d'autre que Dieu ^. La nature de Dieu est parfaitement immuable, et le mouvement qui émane de lui participe de cette immutabilité. La simplicité, l'uniformité sont des propriétés

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