‹ La philosophie de Platon (volume 2)Chapitre 3 sur 61 · INTRODUCTION VU · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VU

ferons aussi large et aussi haut que nos forces nous le permettront. Une construction de ce genre, logiquement liée et unifiée, est toujours utile comme exposition d'une des hypothèses possibles en métaphysique. C'est Platon même qui fait dire par le vieux Parménide à Socratc : « Tu es jeune, Socrate; exerce-toi à examiner toutes les hypothèses possibles sur un sujet et à en déduire avec rigueur les conséquences. »

Notre problème sera donc le suivant : — Quelle est la forme la plus compréhensive et la plus extensive qu'on pourrait donner aujourd'hui au spiritualisme en s'inspirant de Platon, des chrétiens, de Malebranche, de Spinoza et de Leibniz, et en tenant compte des principales critiques d'Aristote ou de Kant? Reconstruire le spiritualisme platonicien sur les bases les plus larges ne saurait être une tâche inutile, soit qu'en définitive cette doctrine doive emporter finalement l'adhésion comme introduisant plus d'unité dans nos pensées, soit qu'elle doive rester simplement une des deux ou trois hypothèses également possibles, mais également invérifiables, sur les mystères de l'existence et de la pensée.

Quant à la question de l'objectivité et de l'accord avec la totalité de l'expérience, il faudrait, pour la traiter, reprendre et compléter toute la critique de Kant ainsi que celle des écoles naturalistes modernes. Ce serait un nouvel ouvrage à écrire. Contentons-nous de transcrire d'abord et d'apprécier rapidement le jugement même de Kant sur Platon ; puis nous rechercherons les éléments de vitalité que semble encore aujourd'hui renfermer le platonisme.

VlJl INTIIOÛUCTION

tt Platon, dit Kaiit, se servit du mot Idée de telle sorte (|irou voit bien qu'il entendait par là quelque chose (juij non seulement ne dérive pas des sens, mais dépasse même les concepts de V entendement , dont s'est occupa Aristûte, puisque Ton ne saurait rien Irouvei" dajjs rexpérience qui corresponde aux Idées. Ces lilées sont pour Platon les types des choses mêmes, et non pus, comme les catégories, de sim- [ites clefs pour des expériences possibles. Dans l'opinion ile Platon, elles dérivent d'une raison suprême, \\\n\ elles onl passé dans la raison humaine; nniLs celte dernière se trouve actuellement déchue de son état primitif, et ce n'est qu'avec peine qu'au moyen du la réminiscence, qui s'appelle la philosophit}, elle peut rappeler ses anciennes Idées, aujourd'hui fort obscurcies.

f( Platon voyait très bien que notre faculté de conniillre sent uu besoin beaucoup plus élevé que celui d'éjïeler des phénomènes pour les lier synlhétiquemenl et les lire ainsi dans Texpérience : notre raison s'élève mUurcllement à des connaissances trop liantes pour qu'un objet donné par V expérience puisse jamais y correspondre, mais qui n'en ont pas moitjs leur réalité et ne sont pas pour cela de pures chimères.

a Platon trouvait surtout ses Idées dans tout ce qui est pratique,.. 11 étendait aussi, il est vrai, sa théorie aux coimaissances spéculatives, pourvu seu-

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