‹ La philosophie de Platon (volume 2)Chapitre 5 sur 61 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

Platon eût demandé sans doute à Kant comment expliquer qu'il existe en nous de simples formes indépendantes de Texpérience, et s'il est possible de garder cette position intermédiaire entre Tempirisme pur et le rationalisme, qui admet une intuition ou conscience quelconque d'une réalité supra-sensible.

Toujours est-il que Kant accepte les Idées dans le domaine pratique, « c'est-à-dire dans ce qui repose sur la liberté », parce que, dit-il, « la liberté est soumise à des connaissances qui sont proprement un produit de la raison », à savoir la connaissance de la loi morale. « Celui qui voudrait, dit-il, puiser dans l'expérience les concepts de la vertu ou, comme beaucoup Tout fait réellement, donner pour type à lu connaissance morale ce qui, en tout cas, ne peut servir que ^exemple ou de moyen imparfait d'explication, celui-là ferait de la vertu une chose équivoque, variable selon les temps et selon les circonstances, et incapable de fournir aucune règle. Au contraire, chacun s'aperçoit que, si on lui présente uîi certain homme comme le modèle de la vertUy il trouve dans son propre esprit le véritable original auquel il compare ce prétendu modèle et d'après lequel il le juge lui-même. Or c'est là l'Idée de la vertu; et si Ton en peut trouver des exemples dans les objets possibles de X expérience^ ou des preuves qui montrent que ce qu'exige le concept de la raison est praticable en une certaine mesure, ce' n'est pas là qu'il faut en chercher le type. De ce qu'un homme n'agit jamais d'une manière adéquate à ce que contient la pure idée de la vertu, il ne s'ensuit nullement que

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