INTRODUCTION XIX
n'est nullement évident que tout ce qui existe soit explicable par le déterminisme des phénomènes^ les phénomènes seuls tombant sous cette loi. Bien plus, cette proposition aboutit à se détruire elle-même, quand on la prend dans un sens universel. Tout, en effet, dira Platon, ne peut pas être dépendant. Entendu comme principe d'explicabilité phénoménale, le principe de la raison suftisante serait un principe de relativité universelle, par conséquent de dualité ou multiplicité universelle. La raison serait toujours autre chose que Tètre. Or, il faut qu'à la fin, selon Platon, raison et être ne soient plus qu un. Dès lors, la vraie raison d'être ne sera plus une dépendance ; elle sera au contraire une indépendance, mais ayant conscience de soi, par conséquent une existence à la fois active et consciente. La raison ou intelligence peut donc se prendre en un deuxième sens, supérieur au premier. 11 s'agira cette fois de Tintelligence en général, de la conscience, de la pensée pure. C'est dans ce sens que Platon identifie Têtre et la pensée. Il ne veut pas dire seulement que tout soit compréhensible, c'est-à-dire, en définitive, imaginable mécaniquement; il veut dire que tout est intelligible. Et sur quoi s'appuie-t-il pour cela, en dernière analyse? Sur ridée d'une unité supérieure. Si cette unité première était au-dessous de la raison, d'où viendrait la raison? Platon veut tout réduire à la suprême unité; c'est pourquoi la raison môme ne doit faire qu'un avec la puissance.
La première thèse platonicienne, sur l'intelligibilité universelle, consiste donc à soutenir que, l'objet