Voir Lachelier, de VInduction
en admettaul une intuition intellectuelle, elle ne peut avoir pour objet des Idées diverses, mais une seule et môme Idée, celle du Bien,
Mais l'essentiel du platonisme n'est pas dans la croyance à une intuition ou vision proprement dite des Idées; il est dans la croyance à la réalité des Idées au sein du premier principe et à une communication quelconque de notre être avec ce premier principe où réside l'intelligibilité suprême de l'univers. La transcendance des Idées n'implique pas pour Platon qu'elles soient vraiment hors de nous, et le Parménide a montré ce qu'il y a d'inexact dans ces rapports d'intériorité ou d'extériorité que l'imagination transporte du monde sensible au monde intelligible. La transcendance indique simplement une supériorité interne de l'Idée universelle par rapport à la conscience individuelle où elle est présente et immanente. Nous ne sortons pas de nous-mêmes pour apercevoir les Idées : si elles nous sont supérieures, elles ne cessent pas pour cela de nous être intérieures. L'intelligible est uni à notre intelligence. Si l'acte intellectuel par lequel nous saisissons le suprême intelligible laisse subsister une dualité entre la pensée et son objet, Platon cherche sous celte dualité une unité plus profonde. La vraie preuve dialectique de l'existence de Dieu est celle qui est fondée sur Yunité des Idées et des êtres dans un Bien supérieur aux contraires.
II. Des choses différentes, opposées même, doivent avoir des raisons différentes ; sinon, leur différence même serait sans raison ; or il y a dans la réalité des choses diverses et contraires ; donc il doit y avoir dans les raisons et au sein de l'intelligible quelque principe de diversité. De là la distinction des Idées entre elles, premier degré de la dialectique. Mais quelque diverses que soient les choses, et aussi les raisons des choses, elles ont cependant une double ressemblance : premièrement, ces choses et leurs raisons
TERME DE LA DIALECTIQUE llJl
existent toutes; secondement, elles sont toutes iiirdligibles. Si donc les choses les plus diverses ont on rurumun Têtre et Tinlelligibilité, il faut admettre une raison unique par laquelle elles existent et sont intelligiblfs. La dualité des raisons premières ne pourrait satisfaire Tespiil, car les deux termes auxquels on aboutirait alors auryieiil besoin d'un principe commun qui expliquât leur commune réalité et intelligibilité.
On reconnaît le principe du Parménide : — Quand on veut s'arrêter à deux Idées premières qui ne renln'ul point l'une dans l'autre, on voit nécessairement s^nlt^ver au-dessus d'elles une troisième Idée, qui seule est vrai» ment primitive. S'il y avait deux raisons premières^ il faudrait une raison pour laquelle il y eût deux raisonfi. Le langage, ici, est la fidèle expression de cette loi uiétaphysique : t Tout (infinité) a une (unité) raison {înlulligibilité) A' être (existence). » Par là on affinric In synthèse des contraires, de l'un et du multiple, dans l'absolu. Le principe analytique de conlradicliojK fjwi engendrait la distinction des Idées, finit par s'nbH<jrl>ri" dans le principe synthétique de la raison suffisante, qni engendre l'unité des Idées : « Un est plusieurs, et [Avxsieurs sont un. »
Ce n'est pas là une loi particulière à quelque sysli-jïic isolé ; c'est une nécessité absolue de tous les sysleiins, parce qu'elle est la condition absolue de la raisnn, on plutôt la raison même. Seulement, il y a une jn:uii*'ii' d'identifier les contraires qui semble la destruction de la raison par elle-même, et une manière de les unir \\\i\ vs\ le triomphe le plus complet de la raison. « Ce n'esl pas au hasard », dit Platon dans le Philèbe, « mais avec méthode, qu'il faut faire d'un plusieurs, et de plusieurs nn , *
Tout dépend de la valeur qu'on accorde au terme i'nial de la dialectique, à l'Unité compréhensive de la iniilt illicite. Cette raison universelle doit être conçue coin nu- uu centre d'où tout rayonne, et où tous les rayons soiil en