‹ La philosophie de Platon (volume 3)Chapitre 51 sur 60 · IV. — M · texte numérisé non relu

IV. — M

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mènes matériels sans l'unilé de Vêtref Qu'esl-ce que Vêtre sans la pensée t Qu'esl-ce que la pensée sans V amour ^ c'esl-à-dire sans le Bien ?

Le Bien seul est le Dieu vivant, Idée des Idées, être des êtres. En Fadorant, nous adorons le suprême idéal, et aussi la suprême réalité ; en le pensant, nous ne faisons que répondre à son amour; en le voulant, nous ne faisons que céder à l'attrait de sa beauté irrésistible et de sa bonté infiniment féconde. C'est lui que tous les êtres poursuivent, et que poursuivent ceux mêmes qui le nient. Il est en nous et il est hors de nous ; il est nous-mêmes et il est plus que nous-mêmes; il nous est intime et il nous est supérieur. Qu'importe le nom qu'on lui donne? 11 est l'idéal, mais il est aussi le réel; il est l'intelligible, mais il est aussi l'être ; il est le bien immanent, mais il est aussi le bien expansif et aimant; il est le vrai, il est le beau, l'ordre, l'harmonie, l'unité; il est liberté absolue, amour absolu, absolue béatitude : tous ces noms expriment une de ses faces, aucun n'épuise son infinité. Si cependant il est un nom qui lui convienne encore plus que tout autre, parce que ce nom, embrassant toutes choses, est vaste et infini non seulement comme l'être et la pensée, mais comme l'amour, c'est celui que Platon prononça avant le christianisme, et sous lequel il adora la perfection divine : c'est le nom de Bonté.

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