‹ La philosophie de Platon (volume 4)Chapitre 16 sur 56 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

ceptible d'une autre interprétation, — celle-là toute métaphysique, — qui consiste à croire que non seulement les phénomènes, mais le fond môme des choses soutient un certain rapport nécessaire avec l'intelligence, rapport qui fait qu'il est intelligible en soi comme pour nous. C'est le vrai principe platoùicien. Tout a une Idée, c'est-à-dire une racine indivisiblement réelle et rationnelle.

Platon avait admis, avant les Alexandrins, la possibilité d'un principe supérieur à l'intelligence parce qu'il est supérieur à l'essence; mais, pour lui, le principe supérieur à l'intelligence explicative, c'est-àdire à cette sorte d'intelligence qui réduit la diversité à l'unité dans le temps et l'espace, n'était pas pour cela supérieur à une sorte d'intelligence plus immédiate, laquelle saisit l'unité même par une conscience sans intermédiaire. Le principe essentiel du platonisme, c'est qu'il y a, dans la réalité dernière, la racine de tout ce qui se développe dans le temps ; il faut donc que l'intelligence ait sa racine dans la réalité dernière, et cette racine, cette raison de la raison même, ne peut être, pour Platon, une chose dépourvue d'intelligence, une chose moins qu'intelligente; elle ne peut être qu'une chose plus qu'intelligente, c'est-à-dire, en définitive, foncièrement intelligible.

Il y a ainsi deux sortes d'intelligence : l'inférieure consiste à faire dépendre une chose d'une autre; la raison d'être est alors une nécessité, c'est-à-dire une action subie, une contrainte, une dépendance par rapport à quelque force supérieure. C'est la raison mécanique, déterminante, physique. En ce sens, il

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