‹ La philosophie de Platon (volume 4)Chapitre 23 sur 56 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

tout entière est une dialectique aspirant à l'unification finale du monde et de notre pensée. Seulement, on pourra toujours se demander, avec Kant, si ce besoin n'est pas tout subjectif, si son objet, l'unité, est réel. Le platonisme devient alors une systématisation des idées tout idéale et problématique; le noumène n'est plus qu'un problème, et nous ne pouvons résoudre ce problème par le savoir ; nous ne pouvons que vouloir l'unité et la vouloir dans le bien. Le doute transcendantal restera ainsi toujours possible et même nécessaire. Un platonicien n'y pourrait répondre qu'une chose. Ven soi que vous supposez distinct de ce qui est dans lu pensée, et peut-être sans unité réelle, est lui-même une conception de la pensée ; ce jque vous opposez à la pensée incomplète, c'est au fond une pensée plus complète, plus universelle et plus une. Ce qui fait que vous doutez de votre pensée, c'est qu'il y reste de la dualité, de l'opposition, du désaccord. C'est donc bien à l'unité que vous mesurez l'objectivité même ; dans la science, est objectif et vrai ce qui est lié et unifié; de même dans la métaphysique. Un système qui parviendrait à la concordance totale, à la complète unification, serait pour nous la vérité même. Le besoin subjectif d'unité est donc ce qu'il y a en nous de plus profond, et comme c'est à l'unité que nous mesurons la vérité objective, il en résulte que ce besoin subjectif est le besoin même d'objectivité. La dialectique demeure donc, en somme, la vraie méthode : le tout est de savoir quelle est la conception de l'ensemble des choses qui est vraiment capable d'unifier toutes

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