‹ La philosophie de Platon (volume 4)Chapitre 9 sur 56 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

cette idée soit quelque chose de chimérique. En effet, tout jugement sur la valeur morale ou le manque de valeur morale des actions n'est possible qu'au moyen de cette idée; par conséquent elle sert nécessairement de fondement à tout progrès vers la perfection morale. » Rappelons que, pour Kant, la moralité consiste dans la conformité de Y homme-phénomène à Yhomme-noumène, c'est-à-dire à Vidée de l'homme. « Mais ce n'est pas seulement dans les choses morales, ajoute Kant, c'est aussi dans la nature même que Platon voit avec raison des preuves évidentes de cette vérité que les choses doivent leur origine à des Idées. » Et Kant, ici, se met à spéculer comme un vrai platonicien, contrairement à sa Critique de la raison. « Une plante, dit-il, un animal, l'ordonnance régulière du monde, sans doute aussi l'ordre entier de la nature, montrent clairement que tout cela n'est possible que d après des idées. A la vérité aucune créature individuelle, dans les conditions individuelles de son existence, n'est adéquate à l'idée de la plus grande perfection de son espèce (de même que l'homme ne peut reproduire qu'imparfaitement l'idée de l'humanité, qu'il porte dans son âme comme le modèle de ses actions) ; mais chacune de ces idées n en est pas moins déterminée immuablement et complètement dans Y intelligence suprême; elles sont les causes originaires des choses, mais seul Y ensemble des choses qu'elles relient dans le monde leur est parfaitement adéquat. A part ce qu'il peut y avoir d'exagéré dans l'expression, c'est une tentative digne de respect et qui mérite d'être imitée, que

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