I. Il
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il faudrait convenir qu'elle décroît lorsque diminuent les forces du corps. Or, ces forces diminuent dans la vieillesse ; elles diminuent dans le labeur de l'étude, tandis qu'alors même l'âme gagne évidemment en prudence et en savoir. Ne serait-il pas contradictoire qu'une même chose pût à la fois croître et décroître dans le même temps ^? Enfin, que l'âme se développe et croisse en vertu des développements et des accroissements mêmes du corps; quel monstre ne sera-ce point que l'âme du jeune homme ou du vieillard, à qui, enfant, on aura coupé la main^? Il serait superflu d'insister davantage. L'absurdité des conséquences démontre l'absurdité du principe.
Ainsi, l'âme en général, et l'âme humaine en particulier, ne peut être confondue avec le corps. Car le corps est vu et l'âme voit. Le corps est étendu, et l'âme est simple. L'âme qui connaît, connaît aussi l'incorporel. Pendant le sommeil et sans le secours des organes du corps, elle conçoit l'invisible. Bien plus, afin de connaître la vérité, elle se détourne des sens, qui lui sont moins un instrument qu'un obstacle; son intelligence, toute finie qu'elle est, l'élève jusqu'à Tinfini.
C'est pourquoi, « la nature de l'âme est supérieure à la nature du corps, et l'emporte du beaucoup sur le corps; c'est une chose spirituelle, une chose incorpo-