‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 123 sur 318 · Epistola CLXVl, Hitronymo, cap. ii · texte numérisé non relu

Epistola CLXVl, Hitronymo, cap. ii

DE l'okigine de l'ame. 203

et de sentiment, créature muable d'un créateur immuable ^ »

L'acte créateur, par lequel Dieu a produit l'âme, exclut en outre l'idée que Dieu qui n'a pas tiré l'âme de lui-même, l'ait tirée d'une matière préexistante. « Il n'est pas vrai que lorsque Dieu a produit l'âme, il ait eu sous la main une matière, comme la poussière dont il a fait Adam, comme la côte d'Adam dont il a fait Eve, conuTie les eaux dont il a fait les poissons et les oiseaux, ou comme la terre dont il a fait les animaux terrestres '^. »

Aussi bien, que pourrait être la matière sur laquelle aurait agi Dieu pour en faire l'âme? Elle serait spirirituelle ou corporelle. La suppose- 1- on spirituelle? Qu'est-ce qu'une matière spirituelle? ou qu'est-ce qu'une matière spirituelle qui n'est pas Dieu? — La suppose-t-on corporelle? Aucun corps ne saurait être changé en âme, à moins qu'on n'accorde que l'âme elle-même appartient à quelque espèce de corps. Or, qui consentirait à déclarer l'âme corporelle '^ ?

Il ne serait pas non plus raisonnable de supposer qu'il y ait quelque semence d'âme, soit dans les éléments, soit dans les anges. Car alors, on se verrait obligé d'admettre que l'âme est fille des éléments ou des anges. Mais toute âme, en tant qu'âme, peut-elle exister, qu'elle n'ait Dieu pour auteur ? « Si la lumière visible vient de Dieu, à combien plus forte raison l'âme

1. De Anima et ejus orujine ^ \'\h. H, cap. iv, — Cl". IhiiL, lib. I, cap. IV, el De Civitate Dei , lib. Xll , cap. xxiii.

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