DE LA TRINITÉ
leur parfaite beauté, et leur bienheureuse délectation. C'est pourquoi, ces trois choses semblent se déterminer tour à tour les unes les autres, et en elles-mêmes sont infinies. Mais ici, dans les choses corporelles, une seule chose n'est pas autant que les trois ensemble, et deux sont plus qu'une seule; tandis que dans la Trinité suprême une seule chose est autant que trois à la fois, et deux ne sont pas plus qu'une seule. Et ces choses en elles-mêmes sont infinies. Ainsi chacune est dans chacune; toutes sont dans chacune; chacune est dans toutes; toutes sont dans toutes, et un est tout. Que celui qui comprend cela ou en partie, ou par image et en énigme (ï Cor., xui, 12), se réjouisse de connaître Dieu, qu'il l'honore comme Dieu, et lui rende grâces; que celui qui ne le voit pas, cherche à le voir par effort de piété, loin d'en médire par aveuglement; car Dieu est un, et cependant il est Trinité '. »
La création, en effet, témoigne qu'elle est l'ouvrage, non dételle ou telle personne de la Trinité, mais dans toutes ses parties, des trois personnes à la fois de la divine Trinité.
a Quand on est parvenu à connaître la Trinité, autant qu'il est possible en cette vie, on conçoit avec la dernière évidence que toute créature intellectuelle, animale et corporelle, tient de cette même Trinité créatrice et son être, et sa forme, et l'ordre qui la régit. Au lieu d'entendre que ce soit le Père qui ait fait une pclrtie de la créature totale, le Fils une autre et l'Esprit-Saint une autre, on comprend que c'est le Père qui par le Fils