‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 217 sur 318 · De Gencsi ad Littcj-ain.]ih.\, cap. xvi · texte numérisé non relu

De Gencsi ad Littcj-ain.]ih.\, cap. xvi

la matière dout il fait quelque chose; le génie par lequel il excelle dans son art et voit au dedans de luimême ce qu'il doit réaliser au dehors; les sens enfin, les sens par le moyen desquels il fait passer ce qu'il veut faire, de son âme dans la matière, et rapporte ensuite à l'âme ce qui a été fait, afin qu'elle consulte la vérité intérieure et souveraine pour juger si l'œuvre esl bien ou mal. Toutes ces choses vous louent comme leur créateur. Mais comment les créez-vous, mon Dieu, comment avez-vous créé le ciel et la terre? Ce n'est certainement pas dans la terre et dans le ciel, que vous avez créé le ciel et la terre? Ce n'est pas non plus dans l'air et dans l'eau : car l'air et Teau appartiennent au ciel et à la terre. Et ce n'est pas dans l'univers que vous avez fait l'univers : car il n'était pas dans un lieu où il pût être créé, avant d'être créé pour être : et vous n'aviez pas sous la main une matière qui pût vous servir à faire le ciel et la terre. Car d'où serait venu ce quelque chose que vous n'auriez pas fait, et dont vous auriez fait quelque chose, puisque rien n'est que parce que vous êtes ? Mais vous avez dit : Que les choses soient, et elles ont été, et vous les avez créées par votre parole *. »

Il est vrai que l'habitude, les sens, l'imagination, de grossières et anthropomorphiques analogies nous rendent difficile de comprendre que Dieu ait créé le monde de rien. Nous parle-t-on de création? Aussitôt nous concevons un ouvrier qui appliquant à une matière son industrie, en tire un ouvrage. Ce n'est pas

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