De Genesi contra Mnnichasos, lib. I, cap. xxi
déraliou des maux qui nous désolent, et comment, dans sa jeunesse, les objections qui se tirent contre la Providence, de ce triste spectacle, l'avaient poussé dans les rangs des hérétiques. « Die mihi unde maie faciamus . — Eam quœstionem moves, quœ me admodum adolescentem vehementer exercuit, et fatigatum in hœreticos impulit atque dejecit . Quo casu ita sum afflictus^ et tantis obrutus acervis inaniwn fabularum^ ut 7iisi amor inveniendiveri opem divinam im.petrasset ^ emergère inde^ atque in ipsam primam qvœrendi libertatem respirare non possem ^ »
Effectivement, jetez les yeux sur le monde.
c( Comment se fait-il et que Dieu prenne soin des choses humaines, et qu'il y ait de toutes parts dans les choses humaines une si grande perversité répandue, qu'il semble impossible de l'attribuer non point à l'action d'un être divin, mais non pas même à celle d'un être subalterne, en supposant qu'une telle puissance lui eut été départie de Dieu?... Évidemment, ou la divine Providence n'étend pas ses soins jusqu'à l'infime bassesse des choses humaines, ou sans conteste tous les maux se produisent par la volonté de Dieu ^. »
Augustin articule nettement l'objection. Voyons comment il l'a su résoudre.
Donc d'où vient le mal ?
Et d'abord, par une chaîne de conséquences, peut-on rapporter le mal à Dieu? Nullement. La notion même de Dieu s'oppose à ce qu'on lui impute aucun mal.