‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 266 sur 318 · Sermo CCXIV · texte numérisé non relu

Sermo CCXIV

2. De Correptione et Gratia, liber uniis, cap. xiv C. De Xatura Boni, cap. xxxvir.

-i. Ibid., cap. vu. Cf. De Civitofc Dci, lib. XIX, cap. xiii.

peu près de même que dans le discours l'agrément se trouve produit par des antithèses '.

Voyez la \ie des sots. Par elle-même elle n'a rien qui soit constant et ordonné; et pourtant la divine Providence l'a nécessairement comprise dans l'ordre des choses... Prise isolément et envisagée d'un esprit étroit, elle paraît repoussante. Élevez vos regards, portez-les au loin , parcourez l'universalité des choses, et vous reconnaîtrez qu'il n'y a rien qui ne soit ordonné, réglé et toujours mis à la place convenable'^ .

Qu'y a-t-il d'aussi grand dans une maison qu'un homme? Et qu'y a-t-il d'aussi ahject et infime que le cloaque d'une maison ? Cependant, l'indignité de l'esclave le fait juger digne de nettoyer ce cloaque et d'orner la maison par sa honte même. De la sorte, ces deux choses, la honte de l'esclave et le nettoiement du cloaque , se réduisant à une espèce d'unité, entrent essentiellement dans la disposition de la maison et conviennent au meilleur ordre de son ensemble ^

Qu'y a-t-il de plus affreux que le bourreau? Qu'y a-t-il pour Tesprit de plus hideux et de plus horrible ? Parmi les institutions pénales, le bourreau occupe néanmoins une place nécessaire, et fait partie de l'ordre d'une cité bien réglée... L'ordre est partout, et ne souffre rien ni d'excessif, ni de déplacé. Se rencontre-t-il çà et là d'apparentes anomalies ? ce sont comme des morceaux simples et abrupts, qui sont destinés à mettre en relief

1. De Online, lil). I, cap. vif. Cf. De Civilale Dei, lib. XI, cap. xvni.

Page 1