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peuvent diviser la circonférence en parties innombrables, ils ne trouvent pourtant qu'un centre, qui commande à toutes les parties et d'où ils ne peuvent s'écarter sans perdre de vue l'ensemble; de même l'âme, qui se répand hors d'elle-même, se sent ballottée dans l'immensité des choses et gémit sous le poids d'une véritable pauvreté, tant sa nature la presse de chercher partout l'unité, tandis que la multitude l'empêche d'y parvenir \
En dernière analyse, le mal n'est pas; le mal n'est qu'un manque d'être. Dieu n'a pas pu produire une créature infiniment parfaite-, car en produisant cet être, il se serait produit lui-même, il aurait produit son Verbe.
Au fond, tout est dans l'ordre ^. Le mal même n'est pas inutile dans le monde ; il sert au bien.
C'est faute de pouvoir embrasser l'ensemble des choses, que nous croyons parfois y découvrir du désordre. Si l'on envisage le mal hors de l'ensemble du monde, il excite l'horreur. Si on lui assigne sa place, il se change en bien. Il est comparable aux barbarismes et aux solécismes, au prix desquels les poètes obtiennent parfois des beautés. Le mal nous inspire la foi à un ordre caché auquel ïh appartient. Le mal est dans le monde comme la couleur noire dans un tableau , dont elle fait ressortir la lumière. La beauté du monde est irréprochable. Elle comporte le feu de l'enfer.
Par conséquent, tout concourt. L'activité créatrice de Dieu va au bien. Son activité conservatrice ramène
ï. De Ordinc. lih. I, cap. ii.