Epistola CXVll, Vitali (427), cap. ni
DE LA LIBEinÉ ET DE LA GRACE. 483
Ni la grâce ne peut être niée, ni le libre arbitre supprimé. Car, si la grâce divine n'est pas, comment Dieu sauve-t-il le monde? Et s'il n'y a pas de libre arbitre, comment Dieu juge-t-il le monde ? — « Si igitiir non est Dei gratia, quomodo salval mundum ? et sinon est libernm arbitrium, quomodo judicat mnndinn^ ?» C'est pourquoi, « la foi ne va pas ànier le libre arbitre, soit pour la mauvaise, soit pour la bonne vie ; mais elle ne lui accorde pas non plus tellement que sans la grâce de Dieu il puisse rien, soit pour se convertir du mal au bien, soit pour persévérer dans le bien, soit pour parvenir au bien éternel, où l'âme n'éprouve plus ni trouble, ni défaillance ^. »
Après tout, défendre la grâce, c'est donc défendre le libre arbitre. Sous le règne de la grâce, laliberté sera bien plus entière qu'elle ne l'était sous le règne de la nature.
« La première liberté de la volonté était de pouvoir ne pas pécher ; la liberté suprême sera beaucoup plus grande ; elle consistera à ne pouvoir pas pécher. La première immortalité consistait à pouvoir ne pas mourir ; l'immortaHté suprême sera beaucoup plus grande ; elle consistera à ne pas pouvoir mourir. La première persévérance consistait à pouvoir ne pas abandonner le bien ; la féhcité suprême de la persévérance consistera à ne pouvoir pas abandonner le bien ^. »