‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 100 sur 539 · De Genesi ad Liiteram , lib. VUl , cap. xx · texte numérisé non relu

De Genesi ad Liiteram , lib. VUl , cap. xx

DE LA NATURE PK l'aME. {71

fallor \ » Nul n'a jamais pu douter de la connaissance de son propre être.

Toute Ame se connaît donc certainement, L*âme se connaît même plus clairement et mieui qu'une foule d'autres choses, touchant lesquelles elle n'élève pas le moindre doute ^. Et cependant, elle ne se connaît point en tant que corps, puisque les uns affirment qu'elle est corps, et les autres le nient. Il y a plus. Elle ne peut se connaître en tant que corps. Car dans sa substance, qu'elle connaît et qu'elle connaît tout entière, elle ne découvre ni étendue, ni figure, ni couleur^. Comment, ai l'âme était corps, ne se connaîtrait-elle point en tant que corps, elle qui se connaît beaucoup mieux que le ciel et la terre, qu'elle connaît par les yeux du corps*? Qu'on y réfléchisse! Quand disons-nous que nous connaissons un homme? N'est-ce point lorsque nous connaissons, autant qu'il est en nous, sa vie et sa volonté, lesquelles n'ont ni masse ni couleur? De même, nous nous connaissons nous-mêmes, d'une certitude plus profonde que les autres hommes , parce que nous avons conscience de nous-mêmes, conscience de notre volonté, et cette conscience, néanmoins, ne nous offre avec le corps aucune analogie \ Que si en songe l'&me se conçoit elle-même comme corporelle, ce n'est pas qu'elle soit vraiment corporelle. Cela tient aux repré-

1 . De CivUaie Dei y lib. XI , cap. xxvi, xxvii ; Cf. De Genesi ad LUI, , lib. VII, cap. XXI.

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