‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 128 sur 539 · Voy. ci-de8âU8 : I. De la Sature de l'Ame · texte numérisé non relu

Voy. ci-de8âU8 : I. De la Sature de l'Ame

elle-même, qui, en tant qu'elle vit, est chose intelligible, alors même qu'elle est vicieuse *. »

En dernière analyse, s'il faut s'expliquer sur cette parole où il est dit que Dieu anima l'homme en lui soufflant à la face, Augustin déclare n'affirmer que deux choses. «C'est, en premier lieu, que l'âme n'est pas la substance de Dieu ; c'est en second lieu, qu'elle est incorporelle, c'est-à-dire non pas corps, mais esprit. Cet esprit n'a pas été engendré de la substance de Dieu ; il ne procède pas de la substance de Dieu, mais il a été fait par Dieu. Et il n'a pas été fait de telle façon que sa nature no fût que la modification d'une nature corporelle ou d'une âme destituée de raison. Il a donc été fait de rien. C'est pourquoi, cet esprit est immortel eu égard à un certain mode de vie, qu'il ne peut perdre en aucune manière ; tandis que si l'on considère une cei^taiue mutabilité, par où il peut devenir ou pire ou meilleur, c'est à bon droit aussi qu'on peut le considérer comme mortels ».

Ainsi l'âme est créée. Encore cette création doit-elle être entendue. « Gardons-nous de croire, en effet, que Dieu donne toujours des âmes, de même qu'il est toujours celui qui les donne. Lui-môme est toujours de telle sorte qu'il ne cesse jamais d'être; mais il ne donnera pas toujours des âmes. Le siècle de la génération étant terminé, et n'y ayant plus de naissance d'êtres qui réclament des âmes, il cessera certainement d'en donner ^. »

Cependant, démontrer que l'âme a été créée, c'est à

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